La ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu Dinanga, a lancé, ce lundi 15 juin 2026, un atelier résidentiel consacré à l’élaboration des outils pédagogiques d’animation et de suivi-évaluation des clubs de veille citoyenne dans les écoles primaires et secondaires.
Selon elle, cet atelier vise à doter les établissements scolaires d’outils simples et efficaces pour former des élèves capables de comprendre leur pays, de respecter le bien commun, de vivre dans l’unité et d’agir avec civisme.
« La Nouvelle Citoyenneté ne peut pas rester un simple principe. Elle doit s’inscrire dans le quotidien des établissements scolaires. Elle doit se traduire par des gestes, des comportements, la participation des élèves, le respect des autres, la protection de l’environnement scolaire et l’engagement au service de la communauté. Les clubs de veille citoyenne répondent à cette ambition. Ils offrent aux apprenants un cadre d’expression, de réflexion et d’action. Leur rôle est de faire passer de la parole au comportement, puis du comportement à l’engagement », a-t-elle déclaré.
Selon la ministre, au terme de ces travaux, les experts devront produire des fiches pédagogiques, des modules, des canevas ainsi que des instruments de suivi adaptés aux niveaux primaire et secondaire.
« Ces outils devront être clairs, pratiques, adaptés à l’âge des élèves et orienter chaque séance vers une action concrète au sein de l’école ou, lorsque cela est possible, dans la communauté », a-t-elle précisé.
Pour Raïssa Malu, les thématiques retenues portent sur des enjeux majeurs pour la RDC, notamment le patriotisme, la paix, l’unité nationale, la citoyenneté numérique, la protection de l’environnement, l’inclusion, les gestes de premiers secours, l’engagement communautaire et l’entrepreneuriat.
« Parmi ces thématiques, le Génocost occupe une place particulière. L’école doit aider les élèves à connaître leur histoire, à comprendre les souffrances traversées par notre peuple et à rejeter les mécanismes de haine, de division et de déshumanisation. Il ne s’agit pas d’enfermer les enfants dans la douleur, mais de les éduquer à la mémoire, à la vérité, à la vigilance et à la paix », a-t-elle ajouté.
La ministre a également souligné que l’objectif ultime de ces clubs citoyens est de doter le pays d’une génération plus responsable, plus lucide et davantage attachée aux valeurs de la République. Il s’agit, a-t-elle expliqué, de former des jeunes capables de défendre la dignité humaine, de protéger les biens publics, de rejeter la violence, d’identifier les fausses informations, de résoudre les conflits par le dialogue et de servir leur pays avec loyauté.
Cet atelier est organisé avec l’appui de la Commission interinstitutionnelle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes (CIAVAR). Représentant son titulaire empêché, le coordonnateur adjoint de cette structure, Blaise Ndombe, a insisté sur le rôle des clubs citoyens dans la construction de la conscience collective.
« Notre pays porte encore les séquelles de plus de trois décennies de violences liées aux guerres d’agression et aux conflits armés. Ces tragédies ont profondément affecté les populations, fragilisé le tissu social et laissé des blessures durables dans notre mémoire collective.
Face à cette réalité, nous avons le devoir de transmettre, d’éduquer et de préparer les générations futures à rompre avec ces cycles de violence », a-t-il indiqué.
Pour sa part, le secrétaire général à l’Éducation nationale et à la Nouvelle Citoyenneté, Juvénal Sanga Kaubo, a appelé les participants à travailler avec rigueur, méthode et esprit de co-construction afin de produire des livrables de qualité, utiles, pratiques et réellement adaptés aux réalités des écoles congolaises.
« Enseigner la mémoire, c’est aussi former à la vigilance, au respect de la dignité humaine, à la paix et à l’engagement citoyen », a-t-il souligné.
Notons que de nombreux efforts sont déployés en RDC pour renforcer l’attachement des élèves à la mère patrie. C’est dans cette dynamique que s’inscrit le serment du citoyen, récité chaque matin par les élèves avant le début des cours.
ODN