Les Congolais vivant au Kenya tirent la sonnette d’alarme face aux multiples obstacles rencontrés pour obtenir le nouveau passeport biométrique. Selon des témoignages recueillis, ce mercredi 11 février 2026, au cours d'une interview réalisée par 7SUR7.CD, la procédure est non seulement « complexe mais aussi entachée » de pratiques jugées « abusives ».
D’après eux, il est impossible de finaliser la demande sans une connexion directe depuis Kinshasa, car les liens fournis par l’ambassade ne fonctionnent pas. À cela s’ajoutent des frais jugés exorbitants : plus de 75 dollars, soit au-delà du prix officiel fixé par le ministère des Affaires étrangères.
« Les principales difficultés concernent l’accès au système de demande de passeport en ligne. Les liens fournis pour la procédure ne fonctionnent pas correctement. Certaines étapes exigent une validation depuis Kinshasa, ce qui est pratiquement impossible pour nous qui vivons à l’étranger. Cela bloque complètement nos démarches. Concrètement, lorsque nous essayons d’accéder au portail ou de finaliser la demande, la plateforme ne s’ouvre pas. Nous ne pouvons ni obtenir de rendez-vous ni effectuer le paiement officiel. Cette situation nous oblige à recourir à des solutions alternatives, souvent non officielles. Le tarif officiel fixé par la République est inférieur à ce que nous payons réellement. En plus des frais annoncés (plus de 75 $), des paiements supplémentaires nous sont imposés. Pour une diaspora composée en grande partie d’étudiants, de travailleurs modestes ou de personnes en situation précaire, cette différence représente une charge financière lourde. Cela crée un sentiment d’injustice et d’abandon », a déclaré sous anonymat un membre de la diaspora congolaise vivant à Nairobi.
Les plaignants affirment également être contraints de verser une somme supplémentaire de 5 600 shillings kenyans (environ 43 dollars) via M-Pesa, sur un numéro personnel lié à l’ambassade.
« Le fait de devoir verser 5 600 KSH via un numéro M-Pesa appartenant à un particulier lié à l’ambassade soulève des interrogations sur la transparence et la légalité de la procédure. Nous estimons qu’il faut une preuve officielle de paiement validée par le gouvernement à Kinshasa, et non des mécanismes créés localement au profit de certaines autorités. Financièrement, cela entraîne des dépenses imprévues: frais supplémentaires, déplacements répétés, journées de travail perdues. Tuna choka, dit-on. Psychologiquement, cela provoque stress, frustration et un profond sentiment d’abandon par nos propres autorités. Nous avons l’impression que la situation de la diaspora n’est pas prise en compte », s’est exprimée notre source.
Au nom de la diaspora congolaise du Kenya, il appelle les autorités et en particulier la ministre des Affaires étrangères, à intervenir pour mettre fin à ces difficultés. Ce Congolais suggère notamment que chaque passeport destiné à la diaspora soit muni d’un cachet de sortie officiel, afin d’éviter les multiples déplacements « coûteux et chronophages ».
« Nous demandons un cachet de sortie officiel apposé directement sur les passeports destinés à la diaspora. Cela permettrait d’éviter des allers-retours coûteux entre le Kenya et la RDC, ou encore entre la Chine et la RDC, le Qatar et la RDC, les États-Unis et la RDC, l’Islande et la RDC, la Norvège et la RDC, voire la Tanzanie et la RDC. Cela réduirait les frais, les pertes de temps et les complications administratives inutiles », a-t-il ajouté.
La diaspora réclame également :
- une clarification officielle des frais applicables,
- la mise en place d’un système en ligne fonctionnel et accessible partout dans le monde,
- la suppression des paiements non transparents,
- et un mécanisme de contrôle pour éviter les abus.
7SUR7.CD a tenté d’entrer en contact avec les responsables de l’ambassade de la RDC à Nairobi, mais sans succès.
Raphaël Kwazi