RDC-Affaire Minembwe : L'ECC demande au président Tshisekedi de renvoyer le dossier au Conseil d'État 

Jeudi 15 octobre 2020 - 07:36
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L'Eglise du Christ au Congo (ECC) a, à travers son président national et représentant légal, le révérend  André Bokundoa-bo-Likabe, fait une déclaration, ce mercredi 14 octobre, en réaction à l'affaire "Minembwe" et plusieurs autres sujets d'actualité.

Dans ses recommandations, cette église protestante demande au chef de l'État Félix-Antoine Tshisekedi de renvoyer le dossier Minembwe au Conseil d’Etat, organe compétant en la matière, pour disposition.

Elle a saisi cette occasion pour féliciter le peuple congolais pour le patriotisme manifesté au sujet de l'érection de Minembwe en commune rurale de la province du Sud-Kivu.

L'ECC a par ailleurs salué le courage politique, ainsi que le sens de responsabilité du président de la Félix-Antoine Tshisekedi dans ses efforts visant la restauration de la paix et la convivialité entre les congolais.

Pour le révérend André Bokundoa-bo-Likabe, c'est  sa prise de parole qui a beaucoup contribué à l'apaisement des esprits de la majorité des congolais sur cette déchirante affaire de Minembwe et surtout sa promesse de s'impliquer personnellement en vue d'un aboutissement rassurant et paisible.

Fort de ce constat, l'ECC formule plusieurs recommandations à différentes instances du pays. Voici quelques  unes. 

A. Au précisent de la République

1. De veiller au respect de la Constitution et aux lois de la République ;

2. De s’impliquer personnellement pour faire respecter intégralement la Constitution en dépit de certains articles qui posent quand-même des graves problèmes à l’harmonie et à la cohésion nationale, d’une part et à la souveraineté de notre pays, de l’autre  ; 

3. De considérer, outre la mise en place d’un comité scientifique pour statuer sur « l’affaire Minembwe », la nécessité et l’urgence d’appeler les fils et filles du pays à des concertations nationales en vue d’examiner tous les problèmes qui perturbent la cohésion nationale, la paix durable et la stabilité socioéconomique de la RDC, lesquelles concertations ne visent aucunement le partage des postes ;

4. D’intensifier les efforts pour assurer la sécurité des personnes et de leurs biens sur l’ensemble du territoire national, spécialement à l’Est du Pays ;

5. De prêter une oreille attentive aux différentes revendications des acteurs politiques et ceux de la société civile en vue de la cohésion nationale ;

6. De renvoyer le dossier Minembwe au Conseil d’Etat, organe compétant en la matière pour disposition ;

7. De s’impliquer personnellement, en tant que garant de la Nation, dans la dynamique sociétale qui exige des reformes comme le proposent certains acteurs politiques et ceux de la société civile ;

8. De poursuivre, sans relâche, avec d’autres institutions du Pays et la société civile, le combat de l’effectivité de la justice transitionnelle en RDC en vue de rencontrer les recommandations du Rapport  Mapping.   

B. Au  Parlement 

1. D’examiner froidement « l’affaire Minembwe » en vue de lever des options courageuses pour toutes fins utiles. Dans le même registre, statuer sur toutes autres questions susceptibles de créer et de raviver les conflits tribaux et ethniques relatifs aux terres et à l’insécurité dans le pays ;

2. D’encourager l’organisation des concertations nationales en vue d’examiner tous les problèmes qui perturbent la cohésion nationale, la paix durable et la stabilité socioéconomique de notre Pays, lesquelles concertations ne visent aucunement le partage des postes ;

3.    De recevoir et examiner les résolutions des réflexions nationales de la société civile sur les reformes électorales en vue de mettre dans le délai constitutionnel une nouvelle équipe à la tête de la CENI ;

4. De prendre en compte les différentes situations sociales plus urgentes à résoudre dans l’examen du projet budgétaire 2021 ;  

5.     D’examiner les mécanismes de la mise en œuvre de la justice transitionnelle coulée dans les recommandations du Rapport Projet Mapping avec comme corollaire l’installation d’une juridiction internationale spécialisée, la réparation des dommages causés aux victimes et la mise en place d’une commission vérité et réconciliation.

C. Au gouvernement

1.D’éviter des actions qui fragilisent la cohésion et l’action gouvernementale dont le pays a grandement besoin pour son développement ;

2. De faire de la sécurisation du Grand Kivu, sans oublier d’autres coins de la République en proie à des attaques des forces négatives, une priorité  par l’équipement et la motivation des FARDC pour la défense du territoire national ;

3. D’examiner avec diligence toutes les questions susceptibles de créer et/ou de raviver les conflits tribaux et ethniques relatifs à la nationalité, aux terres et à l’insécurité dans le pays ; 

4. De prendre en compte des revendications de la population en vue de la satisfaction de ses besoins fondamentaux de manière générale ;

5. Et de collaborer avec la société civile en mettant les moyens nécessaires pour l’accomplissement des initiatives qui relèvent de leurs compétences.  

L'ECC croît dur comme fer que le peuple congolais ne tolérera pas que les tensions observées autour de l’« affaire Minembwe » se convertissent encore en de bruits des bottes pour une autre guerre de l’Est, susceptible de concentrer les maigres recettes du Trésor public à l’effort de guerre.

Rappelons qu'au cours d'une conférence de presse récemment tenue à Goma, le chef de l'État Félix-Antoine Tshisekedi a, après moult revendications de la population, annoncé sa décision portant annulation de l'érection de Minembwe en commune rurale dans la province du Sud-Kivu.

Orly-Darel Ngiambukulu