Mais, à Kinshasa, le porte-parole du parti d’Etienne Tshisekedi déclare ne pas reconnaître le Conclave de Bruxelles.
Ce n’est pas seulement le Majorité présidentielle qui est contrainte d’affronter sa fronde politique avec les membres du groupe de sept partis exclus dit " G7 ". Grâce à un effet particulier de contagion comme certaines maladies redoutées par les humains, une autre fronde se signale au sein de l’Union pour la démocratie et le progrès social cher à Etienne Tshisekedi wa Mulumba. Là aussi, le " lider maximo " doit affronter ses " frondeurs " dont les quartiers sont d’ailleurs installés à Bruxelles, capitale du royaume de Belgique. C’est dire qu’après la MP, c’est désormais le tour de l’UDPS. Une attitude qu’on observe généralement à l’approche des grands enjeux politiques en RDC depuis l’époque du régime Mobutu et qui s’explique souvent par le souci de positionnement politique.
Un Conclave politique tenu à Bruxelles pour exclure le président national Etienne Tshisekedi. Voilà une fronde qui va même au-delà des questions de fond posées par le G7 à l’Autorité morale de la Majorité présidentielle. Au terme du Conclave tenu dans la capitale belge, André Kalonzo se présente comme le nouveau président provisoire de l’UDPS, évinçant ainsi Etienne Tshisekedi de la direction du parti. Les cadres et membres de ce parti, en exil en Europe ou au Canada avaient, en effet, tenu du 18 au 20 septembre 2015, à en croire l’agence Belga, un Conclave ayant porté à la tête de l’UDPS André Kalonzo " après avoir fait le constat d’une vacance de leadership à la tête du parti, sur base de nombreux éléments et faits ". C’est ce qu’ont déclaré les " frondeurs " de l’UDPS dazns un communiqué à Bruxelles.
UNE EXCLUSION POUR PREPARER LE CONGRES DU PARTI EN NOVEMBRE
A en croire les "frondeurs", le président provisoire de l’UDPS a pour mission de "préparer un congrès extraordinaire du parti prévu en novembre prochain. Ainsi, de manière consensuelle, les participants au Conclave auraient accepté de proposer la candidature du DR François Tshipamba Mpuila à l’élection présidentielle prévue en 2016. Dans le rapport final de ce Conclave, précise l’agence belge, ces membres de l’UDPS soutiennent que le parti n’a plus de leadership depuis Etienne Tshisekedi a pris congé du parti en 2013. Pour les " frondeurs " il était temps de combler la vacance de leadership ainsi créée par Etienne Tshisekedi wa Mulumba, ce qui expliquerait la désignation d’un président provisoire, en attendant que le parti d’Opposition choisisse son candidat à la présidentielle 2016.
Voilà une nouvelle qui pose réellement problème au sein du plus vieux parti d’Opposition en RDC. Surtout pour une formation politique qui s’identifie à son leader dont la lutte date de la deuxième République, au moment où le parti comptait plusieurs dirigeants hitoriques jusqu’à ce jour où Tshisekedi est resté le seul maître à bord. Des cadres d’aujourd’hui peuvent-ils réellement évincer si facilement l’incontournable " homme de la 10ème rue Limete " ? La question reste posée en tout cas. Toujours est-il que disposant d’un pouvoir messianique, cet homme qui a été de tous les combats politiques a toujours vendu très cher sa peau et ne semble guère disposé à laisser n’importe qui trôner à la tête du parti qui ressemble à un fils biologique.
A KINSHASA, LE PORTE-PAROLE IGNORE LE CONCLAVE
Comme il fallait s’y attendre, à Kinshasa, le porte-parole déclare ne pas reconnaître le Conclave de Bruxelles. Voilà qui renseigne sur l’état d’esprit des partisans d’Etienne Tshisekedi dans la capitale congolaise où le " lider maximo " continue à bénéficier de son aura. Les "frondeurs " seront-ils en mesure d’enterrer Tshisekedi à Kinshasa ? Car, le vrai combat politique ne se déroule pas à Bruxelles, mais bel et bien dans la capitale congolaise où se tiendront tous les enjeux électoraux. Que des gens se réunissent dans la capitale belge pour décider sur ce qui doit se faire à Kinshasa, cela demeure loin de constituer une victoire, indiquent bon nombre d’observateurs. A moins que leur action porte dans les rangs des inconditionnels de l’UDPS à Kinshasa. Sinon, le Conclave de Bruxelles n’aurait servi qu’à permettre à Etienne Tshisekedi et à ses hommes de connaître ceux dont il faut se méfier.
Il faudra que les "frondeurs" fassent le déplacement à Kinshasa pour convaincre les militants sur le bien fondé de leurs démarches à Bruxelles. Sinon, penser évincer comme en clin d’œil celui qui aux yeux des combattants, est comme un Messie, cela reviendrait à croire qu’un groupe d’anges du ciel peut facilement renverser Dieu le créateur et le remplacer par l’un d’entre eux. C’est dire qu’il ne suffit pas seulement de se réunir à Bruxelles pour croire qu’on détrôné l’incontournable Etienne Tshisekedi. Cette démarche est même jugée simpliste par les observateurs qui ont suivi le combat politique du leader de l’UDPS depuis plusieurs années. car, il tient à son UDPS comme à la prunelle de ses yeux et le premier venu ne peut pas le déboulonner aussi facilement.
RENDEZ-VOUS A KINSHASA, LE TERRAIN DE PREDILECTION
Toute une tradition politique en RDC. Il faut d’abord faire ses preuves dans la capitale congolaise pour prétendre prendre part à la bataille présidentielle. Bien entendu, il faut également étendre ses tentacules en provinces. Or, non seulement que les " frondeurs " de Bruxelles n’ont jamais été élus en RDC, mais aussi et surtout beaucoup ne figurent pas parmi les grandes figures de l’UDPS dont les proches collaborateurs de Tshisekedi, pour ne pas parler du staff de l’UDPS, sont connus. Ainsi, des inconnus au bataillon ne peuvent pas se lever un bon matin et décider de démettre le président national de l’UDPS qui avait affronté Joseph Kabila à l’élection présidentielle en 2011. Pour les observateurs, il s’agit purement et simplement d’un vœu pieux, d’une coquille vide et donc d’un coup de force manqué. M. M.