La ministre d’État des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a échangé, mardi 3 novembre 2026 à Paris, avec son homologue français, Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.
Les discussions ont notamment porté sur la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), le prochain mandat de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), ainsi que les perspectives de renforcement de la coopération bilatérale.
À l’approche de l’échéance du mandat actuel, fixée au 20 décembre 2026, Kinshasa intensifie ses démarches diplomatiques pour obtenir son renouvellement. Les autorités congolaises souhaitent notamment que les nouvelles attributions de la Mission tiennent compte des réalités sécuritaires dans l’Est du pays et des besoins des populations affectées par les conflits.
D’après le ministère des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner a réaffirmé la volonté de la RDC de consolider ses relations avec la France et de construire un partenariat solide et durable. Les deux parties ont également convenu de poursuivre leur dialogue sur les questions d’intérêt commun.
À ce titre, l’ambassadeur français en RDC, Rémi Maréchaux, avait insisté sur la nécessité de prendre en compte les attentes des autorités congolaises, mais aussi celles des autres acteurs concernés par la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est du pays.
« Il est très important pour nous que ce que nous allons proposer corresponde aux besoins exprimés par les autorités congolaises. Et pas seulement par les autorités : nous avons également rencontré des membres du Parlement et de la société civile. La délégation poursuivra son déplacement à Beni pour visiter le quartier général de la Force et rencontrer les autorités locales », avait-il déclaré.
Le diplomate français avait également évoqué les attentes de Kinshasa concernant le rôle que pourrait jouer la MONUSCO dans le cadre de son prochain mandat, particulièrement en matière de suivi du cessez-le-feu et d’accompagnement des processus de paix.
« Pour nous, il est très important de savoir ce qui est attendu en matière d'observation et de vérification du cessez-le-feu. C'est également important en matière d'accompagnement de la mise en œuvre du processus de Washington, mais aussi de l'application du protocole de neutralisation des FDLR », avait-il affirmé.
Du côté congolais, les démarches visant à mobiliser les membres permanents du Conseil de sécurité se poursuivent. En Russie, en marge du sommet Russie-Afrique, le président Félix Tshisekedi avait sollicité le soutien de son homologue Vladimir Poutine pour obtenir la prolongation du mandat de la Mission onusienne.
Le chef de l’État avait également insisté sur la nécessité d’adapter ce mandat aux besoins du pays, tout en rappelant que toute évolution de ses attributions doit faire l’objet d’une décision explicite du Conseil de sécurité des Nations unies.
« Je voudrais également rappeler que, d'ici le 20 décembre prochain, le mandat de la MONUSCO, la Mission des Nations unies en République démocratique du Congo, arrivera à son terme et devra donc être renouvelé. Nous comptons également sur la Russie pour nous aider à obtenir la prolongation de ce mandat. Nous réaffirmons que toute évolution de ce mandat relève d'une décision explicite du Conseil de sécurité des Nations unies. Nous souhaitons donc véritablement que vous nous accompagniez dans cette démarche », avait déclaré Félix Tshisekedi.
Pour rappel, le Conseil de sécurité des Nations unies avait adopté, le 19 décembre 2025, la résolution 2808 (2025), prolongeant d’une année le mandat de la MONUSCO, jusqu’au 20 décembre 2026. Ce texte autorise notamment la Mission à soutenir la mise en œuvre du cessez-le-feu permanent et le mécanisme de vérification convenu entre les parties à Doha, à travers un appui logistique et technique.
Dans le cadre de cette mission, les premières opérations de vérification du cessez-le-feu ont bénéficié de l’appui de la MONUSCO à Minembwe, au Sud-Kivu, et à Masisi, au Nord-Kivu.
Le Conseil de sécurité devra ainsi se prononcer de nouveau sur l’avenir de la Mission avant le 20 décembre prochain.
Raphaël Kwazi