La troisième édition du RDC Transport Infrastructure & Logistics Investment Forum (RIF 2026) a été lancée ce lundi 26 octobre 2026 à Kinshasa. Organisé par le Think Tank RDC Stratégie, ce forum international réunit des décideurs, des investisseurs, des dirigeants et des experts autour des enjeux liés aux infrastructures de transport, à la logistique et à l’intégration régionale en Afrique centrale.
Placée sous le thème « Corridors stratégiques, souveraineté logistique et intégration régionale : bâtir la puissance infrastructurelle de l’Afrique centrale », cette rencontre de trois jours vise à favoriser les échanges sur le développement des infrastructures, la connectivité régionale et la sécurisation des investissements. Les travaux prévoient notamment des discussions sur la gouvernance des corridors régionaux, la coopération entre les États et le financement des projets structurants.
Prenant la parole lors de la cérémonie d’ouverture, Jean-Pierre Bemba Gombo, vice-Premier ministre chargé des Transports, Voies de communication et Désenclavement, a insisté sur la nécessité pour la République démocratique du Congo de valoriser sa position géographique et son potentiel économique grâce à la modernisation de ses infrastructures de transport.
« Le thème de cette édition nous place devant une exigence opérationnelle majeure : la République démocratique du Congo, au regard de son immensité territoriale, de sa position géographique stratégique et de son potentiel économique, entend faire de la modernisation de ses infrastructures de transport un instrument majeur de désenclavement, de compétitivité, d’intégration régionale et de transformation économique. L’intégration régionale prend tout son sens lorsqu’elle renforce la production nationale et élargit les perspectives économiques de nos populations », a-t-il déclaré.
Pour le vice-Premier ministre, la construction de corridors de développement ne peut se limiter à la mise en place de voies de transport. Elle nécessite également des installations logistiques, des services numériques, des infrastructures énergétiques et un environnement favorable aux échanges commerciaux.
« Mais un corridor de développement s’organise autour d’un réseau de transport performant, mais également de plateformes logistiques, d’installations de stockage, de services numériques interconnectés aux différentes frontières, de compétences et surtout d’un environnement sécurisé et favorable aux échanges. Son développement suppose donc de l’énergie disponible, des infrastructures interconnectées, des services fiables, des coûts maîtrisés et des possibilités économiques accessibles à nos populations », a expliqué Jean-Pierre Bemba.

Le vice-Premier ministre a, par ailleurs, appelé à agir simultanément sur les infrastructures et les procédures administratives afin de faciliter la circulation des marchandises entre les pays de la région. Il a insisté sur la nécessité d’améliorer les services douaniers, de simplifier les formalités et de renforcer la coordination entre les administrations concernées.
« Nous devons donc agir simultanément sur les infrastructures et sur les procédures : simplifier les formalités, améliorer les services douaniers, développer les outils numériques et renforcer la coordination entre les administrations. Cela exige une coopération étroite entre les États au niveau de la planification des infrastructures, des réformes à engager, ainsi que des projets à structurer et à préparer en vue de leur financement. L’enjeu est de faire émerger, tout au long des corridors, des activités qui créent de la valeur et des emplois dans nos territoires », a-t-il déclaré.
Jean-Pierre Bemba a également souligné la responsabilité des États et des acteurs économiques dans la transformation des infrastructures de transport en véritables moteurs de développement. Selon lui, les corridors doivent profiter aux entreprises et aux populations des territoires traversés.
« Construire des corridors de développement intégrés et compétitifs, c’est donner à notre géographie une force économique. C’est ouvrir des perspectives à nos entreprises. C’est permettre à nos populations de prendre toute leur place dans les échanges et dans la création de richesses. Notre responsabilité commune est de donner à cette ambition un contenu concret : des infrastructures interconnectées, des services fiables, des coûts maîtrisés et des possibilités de développement économique », a-t-il souligné.
Jean-Pierre Bemba a enfin invité les participants à faire émerger des projets réalisables, susceptibles d’attirer les financements nécessaires et de produire des résultats concrets pour l’économie congolaise.
« L’ensemble du Gouvernement de la République attend de ce Forum qu’il permette de rapprocher les différents acteurs, de favoriser la convergence des initiatives, de structurer des partenariats solides et, surtout, de faire émerger des projets concrets, bancables et susceptibles de produire des résultats tangibles pour nos populations et notre économie. Je souhaite, à cet égard, que vos échanges, en votre qualité d’experts, permettent de dégager des priorités claires et opérationnelles : les connexions stratégiques à renforcer, les bassins de production à mieux desservir, les principaux obstacles logistiques à lever, les réformes à engager et les projets à structurer et à préparer en vue de leur financement », a-t-il déclaré avant de prononcer l’ouverture officielle des travaux.
De son côté, Bodom Matungulu, président du Think Tank RDC Stratégie, a expliqué que cette troisième édition du RIF 2026 vise à dépasser le cadre des discussions pour favoriser la concrétisation de projets dans les secteurs des infrastructures et de la logistique.
« La première journée a consisté à lancer officiellement les travaux de la troisième édition du forum RIF 2026, qui est placé sous le thème de corridors stratégiques, souveraineté logistique, intégration régionale, pour bâtir la puissance industrielle de l’Afrique centrale. Cette activité, placée sous le haut patronage du chef de l’État et sous le parrainage de la Première ministre, bénéficie également de l’ancrage et de l’accompagnement institutionnels du vice-Premier ministre et ministre des Transports, Voies de communication et Désenclavement, qui a officiellement lancé les travaux ce lundi. Cette session se déroulera sur trois journées », a-t-il expliqué.
Revenant sur les activités de cette première journée, Bodom Matungulu a précisé que les discussions ont notamment porté sur la vision stratégique des corridors logistiques et les projets transnationaux existants, avec la participation de responsables gouvernementaux et de représentants d’institutions régionales.
« Aujourd’hui, nous avons eu un premier panel ministériel composé, entre autres, du vice-Premier ministre chargé des Transports, mais aussi de la CEEAC, représentée par les commissaires chargés des infrastructures et de l’aménagement du territoire, ainsi que des représentants de la République du Congo. Ce panel ministériel de haut niveau a abordé les questions liées à la vision et à la géostratégie des corridors logistiques en Afrique. Nous avons également présenté les différents projets transnationaux existants », a-t-il indiqué.
Le président du Think Tank RDC Stratégie a ajouté qu’un deuxième panel devait réunir, dans l’après-midi, des représentants et des dirigeants d’entreprises engagées dans les secteurs de la logistique en Afrique et en République démocratique du Congo. Les échanges devaient notamment permettre d’identifier les projets à développer et les mécanismes nécessaires à leur financement.
Bodom Matungulu a insisté sur la nécessité de faire des infrastructures de transport des instruments de développement économique et de création d’emplois au bénéfice des populations locales.
« Ces trois journées seront axées sur trois verbes d’action : décider, construire et financer. Nous voulons aujourd’hui voir émerger des projets concrets qui seront mis en œuvre et qui répondront également aux besoins de la population. Nous ne voulons pas seulement être un pays traversé par des corridors servant au transport des marchandises. Nous voulons que ces corridors deviennent réellement des corridors de développement, qui créent des emplois, génèrent de la valeur et contribuent également au développement des compétences locales, afin de permettre à notre pays de se développer progressivement », a-t-il déclaré.
La troisième édition du RIF se clôturera le mercredi 28 octobre avec des échanges consacrés notamment au financement des projets. La cérémonie de clôture sera également marquée par la remise des RIF Awards 2026, qui récompenseront des projets stratégiques nationaux et sous-régionaux, ainsi que des personnalités engagées dans la réalisation d’initiatives concrètes en République démocratique du Congo et dans la sous-région.
Raphaël Kwazi