Près de 13 milliards de francs congolais décaissés par le Trésor public en 2026 au profit du ministère provincial de l’Agriculture du Kwango suscitent des interrogations sur leur destination. Dans une note d’information datée du 20 octobre 2026, l’Agence de prévention et de lutte contre la corruption (APLC) réclame des pièces justificatives, tandis que la ministre provinciale concernée affirme n’avoir reçu aucun fonds lié à ces opérations.
Évaluée à 12 milliards 955 millions de francs congolais (5.593.961$), cette enveloppe était notamment destinée à l’acquisition d’équipements agro-sylvo-pastoraux ainsi qu’à la gestion, au suivi et à l’évaluation de la campagne agricole 2025-2026. D’après l’APLC, les fonds seraient répartis entre plusieurs comptes bancaires, notamment auprès d’Equity, de Sofibanque et de First Bank DRC.
La ministre provinciale de l’Agriculture, Josée Lulengwa, a rejeté toute connaissance de ces décaissements. Elle affirme que son ministère n’a été notifié d’aucune de ces opérations et ne dispose d’aucun compte bancaire ouvert en son nom susceptible d’avoir accueilli les sommes concernées.
Face à ces déclarations contradictoires, le gouvernement provincial plaide pour la poursuite des investigations afin d’identifier les bénéficiaires effectifs des paiements et de déterminer les circonstances dans lesquelles ces fonds ont été décaissés.
De son côté, le Cadre de concertation de la société civile du Kwango réclame que toute la lumière soit faite sur cette affaire. Son vice-président, Symphorien Kwengo, dénonce l’absence de clarification sur la destination de ces ressources publiques et demande que des poursuites judiciaires soient engagées contre toute personne dont la responsabilité serait établie.
« Selon les informations portées à notre connaissance, douze milliards neuf cent cinquante-cinq millions de francs congolais auraient été décaissés par le Trésor public, mais, contre toute attente, leur destination demeure inconnue. Plus préoccupant encore, le ministère provincial en charge de l’Agriculture mis en cause affirme n’avoir reçu aucune somme à ce titre », déclare-t-il.
La structure citoyenne s’inquiète également des conséquences de cette situation sur le secteur agricole, alors que les producteurs font face à un manque de semences améliorées et d’outils aratoires nécessaires à l’augmentation de la production et à la lutte contre l’insécurité alimentaire.3
Elle appelle ainsi l’APLC et les autres institutions compétentes à approfondir les investigations, à retracer les mouvements financiers et à établir les responsabilités éventuelles. À ce stade, la destination définitive des 12,955 milliards de francs congolais et les éventuelles responsabilités dans leur gestion restent à déterminer.
Chançard Sindani, à Kenge