Création du FRN : Joseph Kabila a officialisé son attaque « généralisée contre la République et le peuple » ( Patrick Muyaya )

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Le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, accuse l’ancien président Joseph Kabila d’avoir choisi la voie des armes pour tenter de reconquérir le pouvoir et de s’attaquer à l’ordre constitutionnel en République démocratique du Congo (RDC). Il s’est exprimé dans une vidéo parvenue ce lundi 19 octobre à 7SUR7.CD.

Réagissant à l’officialisation du rôle de Joseph Kabila à la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), Patrick Muyaya estime que cette démarche constitue une attaque contre la République et contre le droit du peuple congolais de choisir librement ses dirigeants et de vivre en paix.

« Le président honoraire a décidé d’officialiser son attaque généralisée contre la République, son attaque généralisée contre le peuple congolais, contre le pouvoir du peuple de choisir ses dirigeants, contre le pouvoir du peuple de vouloir vivre en paix, contre le pouvoir du peuple de refuser de vivre dans les camps de déplacés. Le choix de prendre les armes signifie qu’on va tuer des Congolais pour conquérir des territoires. Cela veut dire qu’on va provoquer davantage de drames, alors que le peuple congolais a déjà largement dit non à ces aventures armées. Et c’est le peuple congolais qui assurera sa défense », a déclaré le porte-parole du gouvernement congolais.

Pour Patrick Muyaya, le changement de dénomination de ce mouvement ne modifie ni les acteurs impliqués ni la nature de la menace sécuritaire. Il affirme que le rôle de Joseph Kabila dans la dynamique de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) était déjà connu.

« Il est évident que rien ne change structurellement ni substantiellement. Nous savons que le président honoraire était déjà à l’origine de l’AFC depuis deux ou trois ans et qu’il sort du bois. Qu’est-ce qui change fondamentalement ? Les acteurs restent les mêmes, la nature du mouvement reste la même, parce que c’est un groupe armé appelé à disparaître au terme des discussions que nous avons à Doha », a-t-il soutenu.

Le ministre de la Communication et Médias a réaffirmé la détermination du gouvernement à poursuivre les initiatives diplomatiques engagées pour mettre fin à la crise sécuritaire dans l’est de la RDC, notamment à travers les processus de Washington et de Doha.

« Nous avons des engagements pour la paix que nous avons plusieurs fois réitérés, conformément à la résolution 2773 du Conseil de sécurité, à l’accord de Washington ou encore au protocole de Doha. Ainsi, nous restons fermes dans nos engagements pour régler les volets sécuritaires de la crise, notamment avec le père du Rwanda à Washington, avec le fils du M23 Kabila à Doha, mais aussi maintenant avec le dialogue politique dont on parle ici à Kinshasa depuis plusieurs mois », a-t-il affirmé.

Abordant la question du dialogue national, Patrick Muyaya a également interpellé les responsables de l’opposition, particulièrement ceux du C64, qui réclamaient la participation de l’ancien chef de l’État à ces assises. Il les appelle à clarifier leur position après l’officialisation du rôle de Joseph Kabila au sein de ce mouvement politico-militaire.

« D’ailleurs, c’est l’occasion, en parlant du dialogue, de rappeler que les opposants du C64 réclamaient la participation du président honoraire à ce dialogue. Il s’est prononcé, car, en prenant la tête de ce mouvement supplétif, il a justifié sa condamnation à mort et les sanctions américaines. Tous ceux qui plaidaient pour sa participation au dialogue doivent se prononcer : font-ils le choix de la République ? Car le choix qu’il fait de prendre les armes, c’est de s’attaquer à la République et à l’ordre constitutionnel. Je voudrais bien les entendre, eux qui, par leur attitude, pourraient considérer que le choix du président honoraire d’attaquer les institutions et la République est justifiable », a-t-il déclaré.

Dans son interview, le ministre a insisté sur le droit du peuple congolais de désigner ses dirigeants par les urnes, rejetant le recours aux armes comme moyen d’accéder au pouvoir.

« Le peuple nous observe et lui-même fera la distinction entre ceux qui veulent le maintien de l’ordre constitutionnel et ceux qui ne le veulent pas. Président honoraire, vous ne pouvez pas prétendre apprendre aux gens à nager alors que vous avez vidé la piscine. Il ne faut pas oublier que vous avez eu dix-huit ans au pouvoir et que vous êtes à la base des conséquences que nous gérons aujourd’hui avec le président Tshisekedi. Regardez ce que nous faisons pour la gratuité, regardez ce que nous faisons pour la couverture santé universelle », a-t-il indiqué.

Patrick Muyaya accuse également Joseph Kabila de chercher à se donner une nouvelle image à travers le lancement de ce mouvement, tout en conservant, selon lui, les mêmes objectifs et méthodes. Il a notamment évoqué les conséquences humaines de la crise sécuritaire dans l’est du pays.

« Nous n’avons pas à spéculer, car nous voyons déjà ce qui se passe sur le terrain. Peut-être veut-on lancer un mouvement pour se donner un nouveau visage, mais, en réalité, les intentions, les projets macabres et les modes opératoires sont connus. Faut-il rappeler les dix mille morts de Goma ? Aujourd’hui, le fait que le président honoraire veuille assumer son rôle de fils aîné de Paul Kagame l’amène à porter la responsabilité du M23, de tous ces morts que nous avons déplorés à Goma, de ceux que nous continuons à déplorer, de toutes ces catastrophes humanitaires auxquelles nous faisons face, de toutes ces femmes violées et de tous ces enfants privés d’école parce que des Congolais complices du Rwanda veulent maintenir le pays dans un état de déliquescence », a-t-il déclaré.

Le porte-parole du gouvernement estime enfin que cette initiative vise à donner un nouveau visage à un mouvement armé dont les objectifs sont déjà connus. Il a réaffirmé l’opposition du bloc pour la République à cette démarche, rappelant que, selon lui, le pouvoir appartient au peuple congolais et doit être conquis par les urnes, et non par les armes.

L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a lancé le Front pour la refondation de la nation (FRN) le 12 octobre 2026 à Goma. Cette nouvelle coalition politico-militaire se présente comme le successeur de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), liée au mouvement M23.

Raphaël Kwazi