Les partis politiques de la C64 ont déposé, ce mercredi 25 septembre 2026, auprès de l’auditeur général près la Haute Cour militaire, leur deuxième plainte, après celle déposée lors de la répression du sit-in du 12 juin.
Il s’agit des partis politiques suivants : l’Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECiDé), Alliance pour le Changement (A.CH), Ensemble National des Valeureux Euvrant pour la Liberté (ENVOL), Ensemble pour la République, Leadership et Gouvernance pour le Développement (LGD) et Forces Novatrices pour l’Union et la Solidarité (FONUS).
Dans cette plainte collective qui fait suite à la répression de la marche du 15 septembre dernier, la C64 met en cause plusieurs responsables, parmi lesquels le ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani ; le gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki ; le ministre provincial de l’Intérieur de Kinshasa, Jeannot Canon Larose ; le commissaire divisionnaire de la Police nationale congolaise (PNC) à Kinshasa, Israël Kantu Bakulu ; le commissaire divisionnaire adjoint de la PNC à Kinshasa, le colonel Faustin Numbi Kalubi ; le président a.i. et secrétaire général de l’UDPS/Tshisekedi, Augustin Kabuya Tshilumba ; ainsi que Joël Mpaba, alias « Muselu », présenté dans la plainte comme président chargé des opérations des « Forces du progrès » de l’UDPS/Tshisekedi.
D’après le communiqué de ladite coalition, la plainte porte sur des faits constitutifs des infractions suivantes :
- Violences ou sévices graves envers les populations civiles pendant les circonstances exceptionnelles / répressions sanglantes des manifestations pacifiques ;
- Restriction directe ou indirecte des droits de l’opposition politique ;
- Organisation de milices privées et entretien d’une jeunesse armée ;
- Association de malfaiteurs ou association formée dans le but d’attenter aux personnes et aux propriétés ;
- Incitation d’un ou de plusieurs militaires à commettre des actes contraires au devoir ou à la discipline pendant les circonstances exceptionnelles ;
- Actes arbitraires ou attentatoires aux droits et libertés garantis aux particuliers par la loi à l’encontre d’une personne civile ;
- Coups et blessures simples et aggravés ;
- Voies de fait ou violences légères volontaires ;
- Homicide volontaire ;
- Meurtre et/ou tentative de meurtre ;
- Assassinat et tentative d’assassinat ;
- Destruction méchante de biens immeubles et meubles ;
- Attentat à la liberté individuelle ;
- Usage illégal d’armes de guerre ;
- Constitution de milice armée ;
- Vol et extorsion ;
- Arrestations arbitraires et détentions illégales, avec ou sans soumission à des tortures corporelles ;
- Enlèvements, avec ou sans soumission à des tortures corporelles ;
- Torture corporelle ;
- Crimes contre l’humanité ;
- Terrorisme ;
- Non-assistance à personne en danger.
Dans sa plainte, la C64 demande à l’Auditeur général de recevoir la procédure et d’ouvrir une information judiciaire complète afin d’identifier les auteurs matériels, les coauteurs, les complices et les éventuels commanditaires. Elle sollicite également l’audition des victimes et des témoins, la réalisation des expertises nécessaires ainsi que l’exploitation des images, vidéos et autres éléments de preuve disponibles.
Les partis plaignants demandent, par ailleurs, que les responsabilités individuelles et hiérarchiques soient établies, que des poursuites soient engagées contre toute personne impliquée et que les victimes bénéficient d’une réparation intégrale des préjudices corporels, matériels et moraux subis. Ils demandent enfin à l’Auditeur général de dire le droit et de faire une application rigoureuse de la loi.
Linda Lusonso