Alors que les syndicats des enseignants avaient décidé de poursuivre leur mouvement de grève, une réunion entre différents acteurs du secteur de l’éducation a abouti à un appel à la reprise des cours dans la province éducationnelle Nord-Kivu II.
Cette réunion s’est tenue vendredi 4 septembre dernier au bureau de la province éducationnelle Nord-Kivu 2, à Butembo. Elle a réuni notamment le directeur provincial, l’Inspecteur principal provincial, les responsables des écoles conventionnées, les directeurs sous-provinciaux de Butembo 1, Butembo 2 et Beni, ainsi que des représentants des syndicats des enseignants, dont le SYECO, le SYNECATH et la FOSYNAT.
Les représentants des inspecteurs, des comités de parents, de la société civile de Butembo et d’autres acteurs du secteur éducatif ont également pris part à la rencontre. Les échanges ont porté sur la situation des enseignants et la reprise des activités scolaires dans un contexte marqué notamment par la grève et la propagation de la maladie à virus Ebola.
Au terme de la réunion, les participants ont appelé les enseignants qui n’avaient pas encore repris les cours à retourner à l’école. Ils ont aussi demandé au gouvernement de répondre aux revendications des enseignants, notamment celles liées à la rémunération, au paiement des NU et aux autres préoccupations soulevées par les professionnels de l’éducation.
Un comité de suivi doit d'ailleurs être mis en place auprès du gouvernement afin de suivre l’évolution de ces revendications, selon la déclaration qui a sanctionné les échanges. Les participants ont ainsi recommandé le renforcement des mesures barrières contre Ebola dans les établissements scolaires, avec un dispositif chargé d’en assurer le suivi.
La décision intervient au lendemain d'une assemblée du SYECO de Butembo, tenue le jeudi 3 septembre. Au cours de cette rencontre, les syndicalistes avaient décidé de maintenir leur mouvement de grève malgré la rentrée scolaire intervenue trois jours plus tôt. Le secrétaire permanent du SYECO à Butembo, Benito Mughaso, avait alors rappelé que les revendications des enseignants restaient les mêmes et appelé notamment les enseignants du secondaire à rejoindre le mouvement.
Interrogé ce samedi 5 septembre par 7SUR7.CD sur la réunion tenue la veille, Benito Mughaso a indiqué que les représentants syndicaux avaient participé à cette rencontre à l’invitation des autorités. Il a expliqué que les mesures communiquées lors de ces assises devaient être transmises aux enseignants. Selon lui, la décision finale sur la poursuite ou non de la grève revient à la base, c’est-à-dire aux enseignants eux-mêmes.
"Nous étions là, on a beaucoup discuté, mais pour nous, ce qui a été dit, c'est selon le directeur provincial. On nous a invités. Nous ne pouvions pas ne pas répondre à l'appel de l'autorité. Presque tous ont dit que nous devrions d'abord observer pendant un mois, mais le PROVED lui-même a formulé ses recommandations. Et, nous avons que nous, en tant que syndicats, nous ne décidons pas dans une réunion, on décide toujours avec la base. Si la base trouve qu'il faut poursuivre la grève, nous allons poursuivre", a-t-il dit.
Une nouvelle rencontre des syndicalistes du SYECO avait été prévue lundi prochain, notamment pour permettre d’évaluer la situation. Face à la menace d'Ebola dans la zone, le député Rémyxon Mukweso avait, à son tour, déjà saisi, le gouvernement afin que les activités scolaires soient momentanément suspendues en attendant la mise en place d'une riposte adéquate.
Isaac Kisatiro, à Butembo