Le gouvernement congolais veut accélérer le désenclavement du territoire national à travers la réhabilitation et la modernisation des principaux axes routiers. Invité mercredi 2 septembre à l’émission «Recevabilité », organisée par le ministère de la Communication et diffusée sur la RTNC, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza, a présenté l’état d’avancement des principaux chantiers routiers ainsi que les travaux à venir.
Avec un réseau routier national estimé à 138 500 km, la RDC fait face à un important déficit en infrastructures. « C’est extrêmement insignifiant. Et quel est l’état de ce réseau ? C’était un état lamentable, carrément abandonné », a reconnu le ministre, qui attribue le lancement des grands travaux actuels à la volonté du président de la République.
Selon John Banza, le principal programme du gouvernement est celui du «désenclavement et de la connexion de la RDC par la voie routière », exécuté progressivement à travers plusieurs axes stratégiques.
RN1 : de Banana à Kasumbalesa, les travaux se poursuivent
Sur la route nationale numéro 1 (RN1), qui relie Banana, dans le Kongo-Central, à Kasumbalesa, dans le Haut-Katanga, plusieurs chantiers sont actuellement en cours. Cet axe, long d’environ 3 300 km selon le ministre, est subdivisé en plusieurs lots.
Le tronçon considéré comme le plus important relie Mbuji-Mayi à Nguba, dans le Lualaba. Les travaux y avancent, selon John Banza, à un rythme satisfaisant. « Les travaux avancent très bien et la route pourrait être livrée à la fin de l’année prochaine », a-t-il indiqué.
D’autres travaux sont également en cours sur les tronçons Tshikapa-Kananga et Kananga-Mbuji-Mayi. « Sur les 3 300 km, il ne nous reste que 600 km sur lesquels il faut travailler », a précisé le ministre.
Pour John Banza, l’objectif est désormais de permettre une liaison routière continue entre l’ouest et le sud-est du pays. « Si tout va bien, on pourra relier l’année prochaine Banana et Kasumbalesa par le véhicule qu’on appelle à Kinshasa “ketch” », a-t-il déclaré. Il assure par ailleurs qu’à ce jour, « vous pouvez quitter Banana et arriver à Tshikapa sans inquiétude ».
RN2 : “l’autoroute de la paix” en construction
Le gouvernement intervient également sur la route nationale numéro 2 (RN2), surnommée par le ministre « l’autoroute de la paix ». Cet axe doit relier Mbuji-Mayi à Bukavu sur environ 1 080 km.
Les travaux sont déjà visibles sur plusieurs lots. À Mbuji-Mayi, 10 km ont déjà été asphaltés sur le premier lot, tandis que 10 autres kilomètres sont achevés à Kabinda, dans le deuxième lot. « L’objectif est de faire d’ici la fin de l’année 120 km », a expliqué John Banza.
Le projet prévoit une infrastructure répondant aux standards modernes, avec notamment des aires de repos et d’autres aménagements. « Elle sera la première autoroute moderne du pays avec toutes des aires de repos et d’autres spécifications techniques que vous pouvez imaginer », a affirmé le ministre.
Un pont de 714 mètres pour ouvrir la voie vers le Maniema
Toujours dans le cadre de cet axe, le gouvernement prévoit la construction d’un important ouvrage dans la localité de Mbanga, dans la province de la Lomami. Un pont de 714 mètres doit y être construit sur la rivière Lualaba afin de faciliter la liaison avec le Maniema.
Selon John Banza, cet ouvrage constituera « le deuxième pont le plus long du pays ». Sa réalisation doit notamment ouvrir la voie aux travaux en direction de Kasongo.
Kisangani-Buta et Kisangani-Beni
Le programme gouvernemental ne se limite pas aux axes du centre et du sud du pays. Dans le nord-est, des travaux sont également en cours autour de Kisangani. Le ministre a notamment cité l’axe Kisangani-Buta ainsi que la liaison Kisangani-Beni, longue d’environ 740 km selon ses chiffres. Les travaux y sont également exécutés par lots.
Ces interventions s’inscrivent dans un programme plus large comprenant également la transformation de la ville de Kisangani, chantier que le gouvernement présente comme faisant partie de sa stratégie de désenclavement et de modernisation des infrastructures.
RN5 : Kananga-Kisangani, un axe abandonné depuis 1960
La route nationale numéro 5 (RN5), reliant Kananga à Kisangani, figure également parmi les priorités annoncées. Selon John Banza, cet axe est resté abandonné depuis l’indépendance.
« C’est une route totalement abandonnée depuis 1960. Le gouvernement a décidé de la prendre en charge », a-t-il déclaré. Le lancement des travaux est annoncé dans les prochaines semaines, avec un démarrage prévu à partir de Lodja.
L’objectif affiché par le gouvernement est de rétablir une liaison d’environ 1 200 km entre Kananga et Kisangani. « La stratégie de désenclavement est complètement en marche », a assuré le ministre.
RN41 et RN20 : d’autres axes bientôt modernisés
La route nationale numéro 41, entre Kananga et Ilebo, fait également partie des axes que le gouvernement entend réhabiliter. « Nous sommes en train de terminer la structuration et nous allons la moderniser », a annoncé John Banza, rappelant que cette route était, elle aussi, abandonnée depuis plusieurs décennies.
La RN20 est également concernée par ce programme. Le gouvernement prévoit notamment la construction d’un pont entre les territoires d’Ilebo et d’Idiofa. Les ministères des Infrastructures et des Finances travaillent actuellement à la finalisation des dispositions nécessaires au lancement des travaux.
Une fois ces travaux engagés, l’axe doit traverser plusieurs localités, notamment Batshamba, Gungu, Kakobola et Kahemba, avant de rejoindre la frontière avec l’Angola.
Kongo-Central : la RN12 dans le programme
Dans le Kongo-Central, John Banza a enfin évoqué la route nationale numéro 12 (RN12), également inscrite dans la stratégie gouvernementale de désenclavement. Le ministre n’a toutefois pas détaillé, dans cet extrait, le calendrier ni l’état d’avancement des travaux sur cet axe.
À travers l’ensemble de ces projets, le gouvernement entend ainsi progressivement reconnecter les différentes régions du pays par des axes routiers praticables et modernisés, avec l’ambition de réduire les difficultés de circulation entre les principaux pôles économiques et administratifs de la RDC.
Alphonse Muderwa