Le Groupe d’Action Non-Violence Évangélique (GANVE) et l’Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme, section Katanga (ASADHO-KAT), alertent sur l’existence présumée de plusieurs lieux de détention clandestins à Lubumbashi dans la province du Haut-Katanga.
Dans un communiqué conjoint publié le mercredi 2 septembre 2026 et dont une copie est parvenue ce jeudi à 7SUR7.CD, ces deux organisations de défense des droits humains dénoncent des arrestations arbitraires, des actes de torture et des traitements cruels et dégradants qui se seraient enregistrés dans ces cachots.
Selon le GANVE et l’ASADHO-KAT, des citoyens se plaignent régulièrement d’être interpellés par des hommes en uniforme avant d’être conduits dans des cachots qui, selon elles, ne seraient pas officiellement répertoriés.
« Il ne se passe pas un seul jour sans que des citoyens congolais habitant la ville de Lubumbashi se confient à nos deux structures en dénonçant des arrestations arbitraires suivies de la torture, du paiement des amendes transactionnelles exorbitantes, du trafic d’influence et autres traitements cruels et dégradants », lit-on dans cette correspondance.
À en croire ce document signé par maîtres Emmanuel Kifungo de GANVE et Jean-Claude Baka de l’ASADHO, plusieurs lieux ont été identifiés où seraient détenues des personnes dans des conditions qu’elles jugent préoccupantes.
Ces deux organisations citent notamment le cachot du camp FARDC Kibati, situé à l’angle des avenues Kibati et Industrielle, dans la commune de Kampemba. Autre site mentionné est un cachot situé sur la route de Kipushi, au niveau de l’ancien péage Kisanga, dans la commune Annexe.
Le GANVE et l’ASADHO-KAT dénoncent également une promiscuité entre détenus, des actes de torture ainsi que des restrictions concernant les visites des proches et des avocats. Elles estiment que certaines détentions dépasseraient la durée légale de garde à vue.
Des personnes y seraient arrêtées sans pièces de procédure et soumises à des traitements qu’elles qualifient d’inhumains, avec, dans certains cas, le paiement d’amendes jugées exorbitantes.
Le cachot de la cellule 200 Maisons, situé dans le quartier Kasungami, est également cité. Les organisations affirment que des personnes y seraient détenues, y compris dans le cadre de litiges civils, dans des conditions caractérisées notamment par la chaleur, ainsi que des privations d’eau et de nourriture.
À Kalubwe, dans la commune Annexe, le GANVE et l’ASADHO-KAT signalent enfin l’existence présumée de plusieurs « amigos », qu’elles attribuent à des éléments présentés comme incontrôlés du parti politique l’UNAFEC.
Face à ces dénonciations, les deux organisations de défense des droits humains demandent aux autorités judiciaires d’ouvrir rapidement des enquêtes afin de vérifier les faits rapportés et de faire fermer, le cas échéant, les lieux de détention clandestins.
« Au regard de ce qui précède, les deux organisations recommandent : au procureur général près la cour d’appel, auditeur supérieur près la cour militaire du Haut-Katanga, de diligenter rapidement une enquête pour arriver à fermer définitivement tous les lieux de détention non connus des autorités judiciaires, de renvoyer les auteurs des tortures et autres traitements cruels inhumains et dégradants devant leurs juges naturels, dans un procès public », ont-ils suggéré.
Le GANVE et l’ASADHO-KAT invitent enfin les victimes présumées à saisir les juridictions compétentes afin de déposer des plaintes et de faire valoir leurs droits.
Patient Lukusa, à Lubumbashi