Dans un mémorandum nous parvenu ce dimanche 12 juillet, des agents de l'Autorité de l'Aviation civile (AAC) dénoncent une "usurpation manifeste" des prérogatives de la Direction générale par le Conseil d'administration.
Ils accusent le président du Conseil d'administration de cet établissement, Désiré Muwala Bol'Makob, d'être à la manoeuvre de cette usurpation, de népotisme et de vouloir concentrer tous les pouvoirs. Selon ces agents, le point le plus choquant est l'élaboration du cadre organique de l'ACC directement par le Conseil d'administration.
"Chose étonnante et illégale. Le cadre organique est une prérogative exclusive de la Direction générale. Le Conseil est là pour approuver, pas pour rédiger", s'indignent ces agents.
Ils pointent également du doigt Henry Itoka, qu'ils décrivent comme " ancien député provincial de Kinshasa, présentement mandataire". Ce dernier est accusé d'être l'artisan de cette dérive.
Pour eux, l'actuel directeur des Ressources humaines de l'ACC, Hyppolite Mwaka, connaissant bien la boîte, facilite beaucoup de choses au Conseil d'administration pour évincer la Direction générale, mais aussi règle des comptes aux agents et cadres.
Il y a quelques jours, disent-ils, il venait d'envoyer, "de manière précipitée, à la retraite certains directeurs alors que l'entreprise avait encore besoin de leur expertise, " dans le but de permettre au PCA et à d'autres mandataires d'engager des membres de leurs familles".
Par ailleurs, ces agents affirment que le Conseil profite de la fragilité sanitaire du directeur général. Ils accusent en outre Mamitsho Pontshi, administrative à l'AAC et DGA de Congo Airways de conflit d'intérêts, car la société aérienne est à la fois exploitant et régulée par l'ACC.
Cette dernière, d'après eux, s'associe à d'autres mandataires pour créer la zizanie dans l'entreprise : "l'AAC, étant un organe technique, on ne peut pas engager n'importe qui et confondre les rôles".
Face à cette situation, ces agents demandent l'implication du président Félix Tshisekedi, de la première ministre Judith Suminwa, et du vice-premier ministre J-P Bemba, pour trancher et remettre de l'ordre au sein de l'AAC. Ils appellent ainsi au respect de la loi.
Alphonse Muderwa