Justice : Rebo Tchulo répondra aux questions des juges le 25 juin

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Le procès mettant en cause l'artiste musicienne Rebo Tchulo devant le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema se poursuit. À l'issue de l'audience tenue ce jeudi 11 juin, le tribunal a renvoyé le dossier au 25 juin prochain. À cette date, l'artiste devra répondre aux questions des juges sur les faits qui lui sont reprochés.

Depuis l'ouverture du procès, le 28 mai 2026, Rebo Tchulo ne s'est exprimée qu'à l'étape de l'identification. L'audience du 25 juin devrait ainsi marquer une étape importante de la procédure, puisqu'elle sera appelée à livrer sa version des faits et à répondre aux interrogations des différentes parties sur le fond du dossier.

Comme lors de l'audience précédente, les débats de ce jeudi ont essentiellement porté sur les témoignages de Platini Kasay Sadisa, chauffeur présenté comme victime de torture, ainsi que sur ceux des militaires poursuivis.

Le tribunal a notamment entendu un médecin militaire, le sous-lieutenant Kazadi, présenté comme la personne ayant facilité l'intervention des militaires sur les lieux en communiquant le numéro d'une patrouille à une connaissance qui l'avait contacté.

Selon Platini Kasay, ce médecin est également celui qui l'aurait menacé de mort par administration de substances nuisibles. Il est aussi accusé d'avoir rédigé un document engageant le chauffeur à verser 3 000 dollars américains à Rebo Tchulo et d'avoir perçu une somme d'argent remise par la famille de la victime en vue de sa libération.

Interrogé par les juges, le médecin militaire a reconnu une partie des faits. Il a confirmé avoir été contacté par une connaissance en situation de détresse et lui avoir communiqué le numéro de la patrouille militaire. En revanche, il a rejeté les accusations relatives aux menaces proférées contre Platini Kasay.

Concernant le document prévoyant le paiement de 3 000 dollars ainsi que la perception d'une somme d'argent, il a admis son implication, tout en affirmant avoir agi sur instruction d'un collègue qui détenait déjà Platini Kasay depuis la veille.

À la barre, Platini Kasay a maintenu les déclarations faites lors de l'audience précédente. Plusieurs militaires poursuivis dans ce dossier ont, pour leur part, contesté les accusations portées contre eux. Afin d'éclairer sa conviction, le tribunal a procédé à des confrontations entre certains prévenus.

L'audience du 25 juin s'annonce donc déterminante. Elle devrait être marquée par la comparution de Rebo Tchulo, considérée comme l'une des principales protagonistes du dossier. À l'issue de cette étape, le tribunal pourra fixer le calendrier des plaidoiries de la défense, des conclusions de la partie civile et du réquisitoire du ministère public.

Outre Rebo Tchulo, plusieurs militaires sont poursuivis, notamment les sous-lieutenants Kazadi Mputu Christian et Musafiri Cédric, ainsi que plusieurs sous-officiers et soldats impliqués dans l'intervention du 19 avril 2026.

Les prévenus répondent notamment des chefs d'incitation de militaires à commettre des actes contraires à la loi ou à la discipline, de torture, d'extorsion, de concussion et de violation des consignes.

L'affaire trouve son origine dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux. Les images montraient un homme fouetté par des militaires dans une parcelle privée à Kinshasa, en présence de la chanteuse Rebo Tchulo.

Selon plusieurs témoignages, l'artiste aurait accusé son chauffeur, Platini Kasay Sadisa, d'avoir dérobé son sac à main lors du tournage d'un clip vidéo. La diffusion de la vidéo avait suscité une vive indignation au sein de l'opinion publique, poussant le ministre de la Justice à instruire l'auditorat militaire de se saisir du dossier.

D'après Me Herman Meya, avocat de Platini Kasay, son client aurait été contraint de signer un engagement l'obligeant à rembourser 3 000 dollars américains sur une période de deux ans. L'avocat soutient également que Rebo Tchulo et les militaires intervenus dans le dossier auraient exigé le paiement de 500 dollars pour obtenir sa libération.

Les accusations de torture reposent notamment sur les coups visibles dans la vidéo devenue virale, tandis que l'infraction d'incitation de militaires est liée aux allégations selon lesquelles Rebo Tchulo aurait ordonné les sévices infligés à son chauffeur. La violation des consignes est, quant à elle, fondée sur l'intervention présumée irrégulière des militaires dans une affaire relevant normalement des autorités compétentes.

ODN