À l'occasion de la commémoration du 26ᵉ anniversaire de la guerre de six jours de Kisangani, le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege a dénoncé la disparition des 325 millions de dollars américains accordés à la République démocratique du Congo par la Cour internationale de Justice (CIJ) en 2022 au titre des réparations dues pour les préjudices causés par l'Ouganda lors de son intervention militaire sur le territoire congolais.
Dans sa déclaration, le gynécologue congolais a rappelé que ces fonds étaient destinés à réparer les dommages subis par les individus et les communautés victimes des violations du droit international. Cependant, il regrette que ces ressources « se soient volatilisées » alors que les victimes et les survivants attendent toujours d'être indemnisés.
« Alors que les institutions congolaises sont gangrénées par la corruption, nous déplorons avec la plus vive énergie que les 325 millions USD accordés à la RDC par la Cour internationale de Justice en 2022 à titre de réparation pour le préjudice subi par les individus et les communautés du fait de la violation par l'Ouganda de ses obligations internationales se soient volatilisés et que les victimes ainsi que les survivants soient toujours en attente des réparations », a déclaré Denis Mukwege.
Le Prix Nobel de la paix qualifie ces détournements présumés de « véritable insulte » à l'égard des victimes des conflits qui ont ensanglanté Kisangani. Il appelle à l'ouverture d'enquêtes indépendantes afin de retrouver l'intégralité des fonds et de poursuivre les responsables.
« Ces détournements massifs de fonds constituent une insulte inacceptable à l'encontre des victimes et doivent faire l'objet d'enquêtes indépendantes afin de permettre leur récupération intégrale. Leurs auteurs doivent être poursuivis et contraints de restituer l'ensemble des sommes détournées », a-t-il insisté.
Par ailleurs, Denis Mukwege a rendu hommage aux victimes et aux survivants de la Guerre de Six Jours, rappelant que les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité commis à Kisangani par les forces armées rwandaises et ougandaises demeurent documentés dans le Rapport Mapping des Nations unies et ne sauraient être oubliés.
Selon lui, les victimes congolaises ont droit à la vérité, à la justice, aux réparations ainsi qu'à des garanties de non-répétition de telles atrocités.
Roberto Tshahe