Procès FRIVAO : Constant Mutamba absent après une nouvelle convocation

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Constant Mutamba a ignoré la deuxième invitation de la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe. Il devait comparaître à l’audience de ce mardi 19 mai 2026 dans le cadre du procès relatif au présumé détournement des fonds du FRIVAO, destinés à l’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en République démocratique du Congo.

Selon les éléments rapportés par le ministère public, sur base du compte rendu du colonel chargé d’exécuter cette deuxième invitation, Constant Mutamba aurait refusé de comparaître tout en proférant des menaces à l’endroit des porteurs de ladite invitation.

Le ministère public a indiqué que l’ancien ministre de la Justice a déclaré ceci : « Colonel, que ce soit la dernière fois que tu viennes ici », devant l’officier accompagné d’un greffier venu lui notifier l’invitation.

Comme si cela ne suffisait pas, poursuit l’organe de la loi, Constant Mutamba a enchaîné en ces termes : « J’ai combattu Nangaa. J’ai combattu Kabila. Ne croyez pas que je suis faible. J’ai été ministre de la Justice. Je connais beaucoup de secrets de ce pays que je peux déballer. »

Pour le ministère public, ces propos traduisent un manque criant de respect et de considération, non seulement envers le colonel, officier supérieur des FARDC, mais également envers les institutions de la République, en particulier le pouvoir judiciaire.

« Toute personne est tenue de collaborer avec la justice. Le respect des institutions est un devoir sacré. Mutamba est un citoyen comme tout le monde. Il ne peut pas traiter la justice de cette manière. Il ne bénéficie d’aucune immunité. Cela relève d’un manque de considération et d’impolitesse », a fustigé le ministère public.

Selon l’organe poursuivant, l’état dans lequel le greffier et le colonel ont trouvé Constant Mutamba, ainsi que la vigueur avec laquelle il a proféré ces menaces, laissent penser qu’il n'est pas aussi malade que le laisse entendre le rapport médical présenté par ses médecins.

Le ministère public a également remis en cause l’objectivité des médecins ayant signé ce rapport médical et a sollicité un délai afin de présenter son réquisitoire sur la suite à réserver à cette invitation restée sans réponse.

Après cette étape, la présidente de la composition a ordonné la poursuite de l’instruction au fond, notamment par l’audition des témoins de la Rawbank, l’institution financière par laquelle auraient transité différentes opérations financières liées au dossier.

La comparution de Constant Mutamba était particulièrement attendue au regard des déclarations faites précédemment par le directeur général intérimaire du FRIVAO qui avait affirmé devant la Cour avoir exécuté certains paiements sur instruction de l’ancien ministre de la Justice, évoquant notamment des directives parfois verbales.

Les juges espéraient ainsi obtenir davantage d’éclaircissements sur le rôle exact joué par les différents intervenants dans la gestion des fonds destinés aux victimes des exactions ougandaises en RDC.

Le témoignage de Constant Mutamba pourrait ainsi constituer un tournant majeur dans cette affaire judiciaire suivie de près par l’opinion publique.

Le FRIVAO, mécanisme chargé de l’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda sur le territoire congolais, se retrouve aujourd’hui au centre d’une procédure judiciaire qui soulève de nombreuses interrogations sur la gestion des fonds alloués à cette mission.

Le ministère public, qui conduit l’action publique dans ce dossier, évoque un présumé détournement de plus de 50 millions de dollars américains. Plusieurs acteurs impliqués dans cette affaire ont déjà été auditionnés dans le cadre de ce procès.

ODN