Sanctions américaines contre Kabila : « Il porte le poids des morts et doit se couvrir la tête de cendres » (Pius Muabilu)

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Le sénateur et président du Congrès national congolais (CNC), Pius Muabilu Mbayu Mukala, n’est pas resté silencieux après les sanctions américaines visant l’ancien président Joseph Kabila.

S’exprimant ce vendredi 8 mai 2026 à Kinshasa, lors de l’ouverture des travaux de réflexion sur la réforme constitutionnelle organisés par son parti, Pius Muabilu a chargé l’ex-chef de l’État au sujet de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC.

« Joseph Kabila porte sur lui le sang des Congolais tués innocemment dans la partie Est de notre pays et en paiera le prix devant Dieu et devant les hommes. Il porte le poids des morts et doit se couvrir la tête de cendres », a déclaré le leader du CNC devant les participants.

Cette sortie intervient dans un contexte marqué par les sanctions imposées par les États-Unis contre Joseph Kabila. Washington accuse l’ancien président congolais d’avoir apporté un soutien financier au mouvement rebelle AFC/M23, d’avoir encouragé des défections au sein des FARDC et d’avoir contribué à l’instabilité sécuritaire dans l’Est de la RDC. Les autorités américaines estiment également que ces agissements ont alimenté les violences ayant causé des milliers de morts et d’importants déplacements de populations dans la région.

Au-delà de cette déclaration politique, la rencontre organisée par le CNC porte sur la réforme de la Constitution congolaise. Pendant six jours, soit du 8 au 14 mai, une commission de 30 membres mise en place depuis avril par le leader du parti doit analyser, article par article, les faiblesses de l’actuelle Constitution.

Selon Pius Muabilu, ces travaux visent à formuler des propositions à soumettre à la haute autorité de référence de l’Union sacrée de la Nation concernant les dispositions à modifier ou à supprimer.

Le sénateur a indiqué qu’il s’agit d’« un cadre normatif permettant de définir le contexte passé et actuel ainsi que la réforme envisagée », tout en appelant les participants à privilégier la souveraineté nationale dans leurs réflexions.

D’après lui, le débat autour d’un éventuel changement constitutionnel constitue « une preuve de la vitalité démocratique » en RDC. Il a, à cette occasion, rendu hommage au président Félix Tshisekedi, qu’il considère comme l’artisan d’un climat de liberté et de débat public dans le pays.

La première journée des assises a été consacrée à la mise en place des sous-commissions chargées d’examiner les différents titres de la Constitution avant présentation des rapports en plénière. Juristes, politologues, communicologues, économistes et plusieurs autres experts prennent part à ces travaux, aux côtés des députés nationaux et sénateurs membres du CNC.

Merveil Molo