Sesanga sur le changement de la Constitution : « Thérèse Kapangala, Rossy Mukendi n’ont pas donné leur vie pour que ce pays recule »

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Lors d’un meeting populaire tenu au siège de son parti, Envol, situé sur l’avenue Enseignement à Kinshasa, le 21 mars 2026, l’opposant Congolais Delly Sesanga est monté au créneau pour exiger la tenue des élections générales dans le délai constitutionnel.

Delly a exigé notamment la mise en œuvre de la feuille de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI).

« À quoi sert aussi, au fond, l’instrumentalisation de la guerre par le pouvoir ? La réponse est simple : gagner du temps, éviter les comptes et empêcher la tenue des élections. Le pouvoir sait qu’au regard de la Constitution et de l’horloge républicaine, il ne lui reste que 946 jours d’exercice avant la fin définitive du second et dernier mandat de Félix Tshisekedi. La feuille de route de la CENI doit être mise en œuvre sans délai, en vue de l’organisation des prochaines élections, dont la convocation est prévue le 23 octobre 2028 », a-t-il déclaré.

Dans la foulée, Delly Sesanga a accusé le régime actuel de se cacher derrière la guerre dans l’Est pour ne pas organiser les élections.

« Dans ce contexte, le maintien dans une logique de guerre permet d’éluder le débat essentiel sur la préparation des échéances électorales à venir. Au lieu de préparer l’alternance démocratique, le pouvoir entretient une diversion permanente : la guerre comme écran, la guerre comme refuge, la guerre comme prétexte. C’est là un danger majeur. La guerre ne doit pas devenir un prétexte pour retarder les élections de 2028. Elle ne doit pas servir d’alibi à la confiscation de la démocratie », a-t-il martelé.

En outre, Delly Sesanga a rappelé que Félix Tshisekedi, hier opposant, avait combattu le glissement de Joseph Kabila.

« Après avoir combattu, avec le peuple, dans la rue, le glissement électoral entre 2016 et 2018, Félix Tshisekedi et les siens ne peuvent, sans se renier, devenir aujourd’hui les artisans d’un nouveau glissement, sous couvert de la guerre. Or, déjà, des retards s’accumulent dans la mise en œuvre de la feuille de route de la CENI, publiée le 4 avril 2025 pour le cycle électoral 2025–2029. Cette feuille de route prévoit que les années 2026 et 2027 soient consacrées à la révision du fichier électoral », a fait savoir le président national de l’Envol.

Delly Sesanga a appelé le Gouvernement à doter la CENI des moyens nécessaires pour engager sans délai ces opérations, qu’il juge essentielles : la mise à jour du fichier électoral et l’enrôlement des électeurs.

Poursuivant son allocution, Delly Sesanga a prévenu le pouvoir en place que les élections ne sont pas un cadeau mais un droit.

« Les élections de 2028 doivent se tenir dans les délais constitutionnels. Le peuple doit pouvoir choisir librement ses dirigeants. Ce n’est pas un Cadeau, une faveur ou une tolérance. C’est un droit ! », a-t-il indiqué.

Par ailleurs, Delly Sesanga a rappelé le combat pour lequel Rossy Mukendi et Thérèse Kapangala sont morts.

« Rappelez-vous chers compatriotes que l’alternance politique de 2018 a été obtenue au prix du sang et de la vie de certains d’entre nous. Souvenons-nous de Thérèse Kapangala. Souvenons-nous de Rossy Mukendi. Souvenons-nous de Hussein Ngandu. Souvenons-nous de Luc Nkulula. Ces jeunes n’ont pas donné leur vie pour que ce pays recule. Ils n’ont pas donné leur vie pour que l’on revive ce que nous avons déjà vaincu. Ils sont morts pour la liberté. Ils ont été fauchés pour la dignité. Ils sont tombés pour que le peuple congolais reste debout et croit en un avenir meilleur pour lui-même, pour la Nation et pour les générations futures », conclut-il.

Rappelons par ailleurs que Delly Sesanga a annoncé une campagne de sensibilisation de la population, avant de lancer des actions de terrain contre le changement de la Constitution.

Jephté Kitsita