Forum de paix à Beni : autorités et société civile unies contre la menace des ADF

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Un forum de paix consacré à la lutte contre les Forces démocratiques alliées (ADF), mouvement terroriste d’origine ougandaise affilié à l’organisation État islamique, se tient du 23 au 25 février à Beni, dans l’Est de la République démocratique du Congo, sous la coordination du gouverneur militaire du Nord-Kivu.

L’objectif de ces assises est de réunir les différentes composantes de la société afin de dégager des solutions concertées face à l’extrémisme violent attribué aux ADF, actifs dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

Plusieurs autorités nationales, dont le président de l’Assemblée nationale, ainsi que des hauts responsables militaires congolais et ougandais, prennent part aux travaux. Aux côtés des représentants de la société civile, des leaders communautaires, religieux et coutumiers, ils ont planché sur des réponses « intégrées et multisectorielles » en matière de prévention et de lutte contre le terrorisme.

Le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Somo Kakule Evariste, initiateur du forum, a estimé que la seule réponse militaire ne saurait suffire à éradiquer durablement le phénomène.

« Ce sont des terroristes. Depuis 2019, ils ont prêté allégeance à l’État islamique, devenant sa prétendue province en Afrique centrale », a-t-il déclaré, appelant à renforcer la résilience des communautés locales.

Les ADF, initialement un mouvement rebelle ougandais, sont accusés de nombreux massacres de civils dans la région de Beni depuis plusieurs années. Les autorités congolaises les considèrent comme l’un des principaux facteurs d’instabilité persistante dans l’est du pays.

Certains députés nationaux présents ont promis de plaider pour un renforcement des capacités opérationnelles des forces armées congolaises. « La problématique des ADF va prendre fin », a affirmé le député national du Nord-Kivu Patrick Munyomo, estimant que l’armée et les groupes d’autodéfense locaux finiront par « gagner la guerre ».

D’autres voix se sont toutefois montrées plus critiques. Des participants ont regretté que les recommandations issues de précédents forums n’aient pas été mises en œuvre.

Clovis Mutsuva, jeune activiste de Beni, a plaidé pour que la question soit traitée au même niveau que celle du mouvement rebelle M23 dans les processus diplomatiques en cours à Doha et Washington.

« Ce forum n’est pas le premier. Nous avons formulé des propositions concrètes, mais elles restent dans les tiroirs », a-t-il dénoncé.

Plusieurs femmes rescapées des attaques ont également livré des témoignages poignants sur les violences subies, appelant à des mesures concrètes pour garantir la protection des civils.

David Lupemba, à Butembo