Lors du Conseil des ministres du vendredi 20 février, le président de la République, Félix Tshisekedi, a abordé les retards dans le paiement des salaires des agents et fonctionnaires de l’État. Il a ordonné au gouvernement de procéder à un audit de l’état liquidatif de la paie.
Le ministre de la Communication a rapporté que le chef de l’État a souligné les pressions croissantes sur la trésorerie, dues à l’augmentation de la masse salariale. Il est donc essentiel de déterminer qui est payé et pour quelles raisons.
« […] le président de la République a indiqué qu’il est indispensable de contenir les pressions croissantes exercées sur la trésorerie de l’État par l’accroissement de la masse salariale, consécutif, entre autres, à l’engagement de nouvelles unités sans maîtrise suffisante des effectifs ni des mécanismes de vérification. Ce déséquilibre fragilise la trésorerie publique et expose le système de paie à des tensions préjudiciables à la stabilité sociale. C’est dans ce contexte qu’il s’avère nécessaire de procéder à l’audit de l’état liquidatif de la paie », a déclaré le ministre.
Le président a également insisté sur le fait que les agents et fonctionnaires de l’État doivent être payés régulièrement et dans les délais impartis.
« Le salaire des fonctionnaires n’est pas une simple variable budgétaire, il est un droit social fondamental, garant de la dignité des agents publics et de la stabilité des ménages. Assainir la paie ne vise donc nullement à fragiliser les agents régulièrement engagés, mais à les protéger contre les dysfonctionnements et les charges indues qui menacent la soutenabilité du système et provoquent des retards socialement inacceptables », a-t-il ajouté.
Selon la source, Félix Tshisekedi a chargé le ministre du Budget d’assurer une « stricte » concordance entre les effectifs budgétaires et ceux rémunérés.
Le ministre des Finances a, quant à lui, été instruit de renforcer les mécanismes conjoints de liquidation et de paiement, fondés sur la disponibilité réelle de la trésorerie. Les résultats de l’audit sont attendus dans un délai de 30 jours.
C’est la troisième fois que le président de la République évoque la nécessité d’assainir le fichier de paie des agents et fonctionnaires de l’État en moins d’une année. Lors du Conseil des ministres du 2 mai 2025, il avait souligné l’urgence d’un assainissement dans un contexte d’augmentation des dépenses sécuritaires et d’engagements auprès des institutions de Bretton Woods.
Le 12 septembre de la même année, il avait réitéré l’importance de la rigueur, de la transparence et de la responsabilité dans la gestion des finances publiques.
Bienfait Luganywa