Les acteurs de la société civile, les scientifiques et les experts environnementaux se sont réunis à Lubumbashi dans le Haut-Katanga autour d’un atelier consacré à la gouvernance de la forêt de Miombo, un écosystème stratégique pour la République démocratique du Congo. Organisée par la Coalition des organisations de la société civile pour le suivi des réformes et de l’action publique (CORAP), cette rencontre ouverte le lundi 16 février 2026, vise à analyser les menaces croissantes qui pèsent sur ce paysage forestier, notamment les pressions liées aux activités minières et énergétiques.
Selon Emmanuel Musuyu, secrétaire exécutif de la CORAP, l’objectif premier de cet atelier est de créer un cadre d’échanges inclusif.
« En organisant cet atelier, nous visons d'abord ce besoin de mettre ensemble tous les acteurs concernés par la problématique de la déforestation pour réfléchir sur les types de menaces qui existent. C'est vrai que nous avons identifié les mines et l'énergie comme menaces. L'idée est justement de discuter afin d’identifier clairement les aspects qui causent problème à la forêt de Miombo et de voir dans quelle mesure on peut y réfléchir. La finalité, pour nous, c'est de protéger et renforcer ce paysage assez important pour le pays, sans que les gens ne le sachent forcément », a-t-il déclaré à 7SUR7.CD.
À l'en croire, la forêt de Miombo qui est localisée dans l'espace grand Katanga ne constitue pas seulement une richesse écologique. Elle joue également un rôle déterminant dans l’équilibre hydrologique et climatique de la région.
« Parce que le fleuve Congo a tiré sa source dans ce paysage. Le fleuve Congo joue un rôle important. Si on ne protège pas les forêts de Miombo, on détruit l'écosystème, on détruit les sources d'eau et tout ce qui constitue des avantages écosystémiques en faveur des activités énergétiques, minières et autres », a insisté Emmanuel Musuyu.
Aujourd’hui, poursuit Emmanuel Musuyu, les mines sont considérées comme la quatrième pression exercée sur la forêt de Miombo dans la zone étudiée. Les aménagements, la construction de routes, ainsi que la pollution de l’air et de l’eau figurent également parmi les facteurs aggravants.
« Pour faire des activités minières, on a besoin de céder des concessions. Il y a différents types d'activités qui se font autour de ces concessions, souvent dans des zones forestières et des écosystèmes d’importance. La pression vient au moment où ces concessions sont attribuées et que les activités commencent, la forêt disparaît. Notre objectif n'est pas seulement de parler des pressions, mais d’identifier leurs sources afin de proposer des solutions concrètes. L'avenir nous importe plus que ce qui se passe aujourd'hui. Même si les mines contribuent fortement au budget de l'État, si elles détruisent les écosystèmes, nous risquons de compromettre la possibilité de vivre demain dans ces zones et de continuer à bénéficier de ces ressources », a-t-il rappelé.
Les échanges ont également mis en lumière l’existence d’un arsenal juridique relativement fourni en matière d’environnement, d’aménagement du territoire, de foncier, de mines et d’énergie. Toutefois, le principal défi demeure leur mise en œuvre effective.
Du lundi 16 au mercredi 18 février 2026, l'atelier sur la gouvernance des ressources forestières et la conservation dans le grand Katanga face aux pressions minières et énergétiques réunit plusieurs invités, notamment la direction du parc national de l'Upemba, des professeurs experts en écosystèmes et des cadres de la société civile du monde de l'environnement et des représentants des miniers.
Patient Lukusa, à Lubumbashi