Le climat social est particulièrement tendu à Beni, chef-lieu provisoire du Nord-Kivu. Le différend opposant l'Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) aux populations locales concernant les limites du Parc national des Virunga (PNVi) vient de franchir un nouveau palier de contestation.
Le mécontentement a été exacerbé par l'opération « zéro machine tronçonneuse » menée dans le secteur de Mayangose. En réaction, une vingtaine de chefs coutumiers sont sortis du silence le week-end dernier pour dénoncer le non-respect des accords parlementaires antérieurs, notamment sur le tracé de la limite provisoire.
« (...) Nous, chefs coutumiers de Beni, rejettons les rapports des travaux de la commission ad hoc récemment faits à Beni. Nous mettons en garde ceux qui jouent avec les terres de nos ancêtres et promettons d'accélérer la vitesse pour défendre nos terres selon la coutume », ont-ils fait entendre dans une déclaration officielle parvenue à 7SUR7.CD.
Face à cette levée de boucliers, l'ICCN maintient sa position. Rodrigue Mugaruka Katembo, directeur adjoint en charge de la lutte anti-braconnage, a réaffirmé la volonté de l'institution de protéger ce site classé au patrimoine mondial, signalant que la pression allait s'intensifier.
« Nous avons décidé de mettre fin à l'opération machine tronçonneuse dans le patrimoine mondial désormais. Nous avons saisi plusieurs machines tronçonneuses. Bientôt une deuxième opération de grande envergure va commencer… », a-t-il insisté.
La situation sur le terrain reste précaire. Les récentes interventions des éco-gardes à Mayangose et Kididiwe ont dégénéré en affrontements directs avec les agriculteurs. Deux civils ont été blessés par balle. L'ICCN a confisqué d'importantes quantités de planches, des sacs de braises et des troncs d'arbres coupés.
Bantou Kapanza Son, à Beni