Criminalité à Butembo : Des mouvements citoyens et groupes de pression exigent le départ du maire et du commandant de la Police

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Une synergie de mouvements citoyens et de groupes de pression annonce avoir saisi le ministre congolais de l'Intérieur pour obtenir le remplacement du maire policier de Butembo et du commandant local de la Police.

Dans une déclaration publiée le mercredi 11 février, les manifestants accusent les autorités urbaines "d'incompétence" et de "mégestion" face à la criminalité urbaine accrue, à l'insalubrité ou encore au manque d'initiatives de développement.

"Il est clair que les services urbains de sécurité, et particulièrement le maire ainsi que le commandant de la police, ont failli à leur mission régalienne. En une année, près de 100 morts, c'est assez. Parlant d'autres aspects, le maire n'a aucune réalisation notable. Par ailleurs, les villages d'approvisionnement de Butembo sont actuellement menacés par une insécurité jamais vécue", dénonce la synergie.

Dans la foulée, les mouvements citoyens et groupes de pression interpellent également le gouverneur militaire du Nord-Kivu au sujet de ses promesses non tenues de travailler sur la sécurité, le développement et l'humanitaire : "Celui-ci est devenu aussi incompétent que ses prédécesseurs", mentionne le document.

Au regard de ce tableau, la LUCHA, la Véranda Mutsanga, le Parlement debout de Furu, les mouvements Filimbi, Table ronde, Raiya anasimama, Gen Z RDC et Cercles des veilleurs disent attendre des mesures fortes : en plus du remplacement du maire Mowa Baeki Telly Roger et du commandant Georges Gonjila, ils exigent la délocalisation de toutes les positions des Wazalendo se trouvant autour et dans la ville de Butembo ainsi que le rappel à l'action du gouverneur Evariste Somo.

"Le ministre de l'Intérieur étant déjà saisi, la synergie des mouvements citoyens et groupes de pression se réserve le droit de passer à d'autres actions jusqu'à l'obtention du gain de cause. Toutes les batteries seront activées pour arriver à faire entendre les revendications d'un peuple laissé à son triste sort", prévient la coalition.

Le 13 janvier dernier, le rappelle-t-on, cette synergie avait même appelé à une journée ville morte pour dénoncer cette criminalité, y compris l'insécurité imposée par les ADF dans les territoires voisins de Lubero et Beni dont l'incidence est perceptible à Butembo.

Une des plus importantes agglomérations du Nord-Kivu, à l'instar d'autres entités, Butembo est placée sous état de siège depuis mai 2021. Cependant, la criminalité dans la ville n'est jamais contenue par les autorités près de 5 ans après leur installation. Selon des chiffres avancés par les forces vives, près de 10 morts ont été enregistrés depuis le début de l'année alors qu'une soixantaine d'autres l'ont été en 2025.

Nombreuses voix ont souvent dénoncé l'inefficacité de la mesure du chef de l'État, appelant à une nouvelle alternative pour juguler la crise sécuritaire liée au M23, aux ADF et à de nombreux groupes armés locaux.

Isaac Kisatiro, à Butembo