RDC : « Le dialogue inclusif national n’est pas un cadeau » (Bruno Tshibala)

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L’ancien Premier ministre Bruno Tshibala a affirmé, ce lundi 9 février 2026, que le dialogue politique national en gestation n’est pas un « cadeau ». Il a appelé à une véritable construction consensuelle des contours de ce processus politique qu’il juge attendu par la population.

Dans une déclaration politique rendue publique, le président de l’UDPS a dénoncé toute approche unilatérale ou imposée, insistant sur le fait que le dialogue inclusif doit être le fruit d’un accord équilibré entre toutes les forces vives de la nation, afin de restaurer l’unité nationale, consolider les institutions et d'apporter une réponse durable à la crise multidimensionnelle que traverse le pays.

« Le dialogue inclusif national n’est pas un cadeau », a martelé l’ancien chef du gouvernement, soulignant la nécessité de définir des conditions de travail appropriées, ainsi que des lieux et des modalités de délibération acceptés par l’ensemble des acteurs politiques et sociaux.

Selon Bruno Tshibala, l’absence de consensus sur ces paramètres essentiels risque d’affaiblir la crédibilité du processus et d’en compromettre les résultats. Il a ainsi plaidé pour une concertation sincère, inclusive et transparente, en vue de restaurer l’intégrité territoriale du pays,renforcer la cohésion nationale et de redonner une légitimité effective aux institutions publiques.

« En février 1960, au cours d'un meeting de restitution tenu à Renkin, revenant de Bruxelles où il venait de prendre part à la table ronde, Lumumba déclara : "L'indépendance que nous réclamons à la Belgique n'est pas un cadeau à nous faire, c'est un droit fondamental du peuple congolais de vivre dans la liberté" », a-t-il rappelé pour soutenir sa position.

Cette sortie médiatique intervient dans un contexte politique tendu, marqué par la relance du débat sur l’opportunité d’un dialogue national inclusif, évoquée par le président de la République, Félix Tshisekedi.

Devant les corps diplomatiques accrédités à Kinshasa, lors de la cérémonie d’échange des vœux tenue le samedi 31 janvier au Palais de la Nation, le chef de l’État avait réaffirmé son ouverture à un dialogue national inclusif. Il avait toutefois précisé que celui-ci devrait se tenir sur le territoire national, sous l’égide des institutions de la République, dans le strict respect de la Constitution et des lois en vigueur.

Le président Tshisekedi avait également insisté sur le fait que ce cadre de concertation pourrait réunir tous les Congolais, à l’exception des auteurs de crimes contre les populations, précisant que le dialogue ne devait en aucun cas relativiser les atrocités commises ni diluer les responsabilités établies.

Sur le plan sécuritaire, le chef de l’État avait enfin souligné que ce dialogue ne saurait remettre en cause la légitimité des institutions issues des élections de 2023 et qu’il devait exclure toute participation d’acteurs armés illégitimes ou inféodés à des agendas extérieurs.

Merveil Molo