Accord RDC - Rwanda : les États-Unis réaffirment leur détermination à veiller au respect des engagements

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Alors que les combats se poursuivent dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), la désescalade entre Kinshasa et Kigali demeure hors de portée. Malgré l’annonce de son retrait de la ville d’Uvira, la rébellion du M23, soutenue par le Rwanda, continue d’étendre son emprise territoriale. Dans ce contexte tendu, les États-Unis, garants des accords de Washington, affichent un optimisme prudent.

Lors d’une session de la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, tenue le 22 janvier 2026 à Washington, plusieurs élus américains ont exprimé des inquiétudes quant à l’évolution de la situation sécuritaire dans l’Est congolais.

La représentante démocrate Sara Jacobs, élue de Californie, a notamment dénoncé l’absence de retrait complet du M23 à 75 kilomètres en dehors d’Uvira, comme l’exigeaient les États-Unis. Elle a également alerté sur des attaques de représailles visant les Banyamulenge et d’autres civils accusés de soutenir la rébellion.

« Et bien que le M23 se soit partiellement retiré d’Uvira, nous n’avons toujours pas constaté le retrait complet à 75 kilomètres en dehors de la ville, jusqu’à Kamanyola, comme les États-Unis l’avaient exigé en décembre. Nous recevons désormais des rapports faisant état d’attaques de représailles contre les Banyamulenge, une communauté tutsie congolaise, ainsi que contre d’autres civils accusés de soutenir le M23 par les Wazalendo et d’autres groupes armés. Cela s’ajoute à près d’un an d’occupation par le M23 des villes de Goma et Bukavu, deux centres urbains majeurs des Kivus, où les civils ont subi des atrocités, des exécutions et d’autres abus », a-t-elle déclaré.

De son côté, Sarah Troutman, secrétaire adjointe américaine chargée de l’Afrique centrale, a réaffirmé la détermination de l’administration Trump à faire respecter les engagements pris par les différentes parties.

« Nous veillerons à ce que les promesses faites à Washington soient respectées et à ce que le processus de paix produise des résultats concrets, afin que les populations de la région constatent des améliorations tangibles dans leur vie », a-t-elle insisté, mettant en avant la transparence et la responsabilité comme piliers essentiels du processus.

Malgré l’implication directe de Washington, les tensions entre Kinshasa et Kigali restent vives. Les accusations de non-respect des engagements se multiplient, chaque camp accusant l’autre de saboter le processus diplomatique.

Selon les témoignages évoqués au Congrès américain, le M23 occupe depuis près d’un an les villes stratégiques de Goma et Bukavu, où des exécutions sommaires et des abus graves contre les civils ont été rapportés. Les derniers chiffres avancés font état de 5 000 à 7 000 soldats rwandais déployés dans l’Est de la RDC, en violation de la souveraineté congolaise.

Raphaël Kwazi