Tractations diplomatiques pour le dialogue : le parti du sénateur Jonas Mukamba exige un choix rigoureux des participants

Image
Image

Alors que des tractations diplomatiques se multiplient à Luanda et à Lomé en vue d’un éventuel dialogue politique entre Congolais, l’Alliance des Démocrates Congolais (ADECO) est sortie du silence. À l’issue d’une matinée politique tenue ce vendredi 16 janvier 2026 à Kinshasa, le parti créé par le sénateur Jonas Mukamba a appelé le président de la République, Félix Tshisekedi, à veiller au choix rigoureux des participants, condition essentielle à toute initiative de dialogue crédible.

Dans une déclaration politique lue par son président national, Alain Mbaya Kakasu, l’ADECO affirme que le dialogue national n’est pas à exclure, mais qu’il ne peut être envisagé qu’en ultime recours, après avoir clairement identifié ses dividendes politiques. Pour le parti, ces dividendes doivent être liés à la paix, à l’intégrité territoriale, à la souveraineté nationale et au respect de l’ordre constitutionnel, à travers un cahier des charges accepté par les institutions légalement établies.

« Après 30 ans d'assujettissement de la classe politique congolaise au schème politique du régime rwandais et de sa connexion au réseau de ce régime, le choix des délégués et leur suivi doit être de mise et rigoureux », peut-on lire dans cette déclaration.

Le parti met en garde contre les dérives passées, où le dialogue s’était transformé en échange marchand de postes politiques.

« Quelle dividende politique d'un dialogue, qui pourrait augmenter les chances de restauration de la souveraineté où les Brutus sont nombreux que les patriotes ? Quel impact sur la guerre en cours des sous-traités qui ne sont pas maîtres du projet, eux-mêmes à la quête du blanchiment des crimes de guerre et des postes dans des institutions ? Le foisonnement d'intérêts des uns et des autres, la multiplicité d'acteurs off et on, l'absence de l'unité de vue, d'objectif et d'action compromet les chances d'une perspective meilleure capable de produire la paix, l'intégrité du territoire et la souveraineté de la RDC », souligne la déclaration.

Le parti rappelle qu’une complaisance pourrait prêter le flanc à l’ennemi et que le dialogue ne doit pas devenir une source de pouvoir pour bousculer l'ordre constitutionnel existant. La prudence est de mise, car les voies empruntées jusqu’à aujourd’hui ont conduit le pays à la faillite et à l’impasse, fait observer la déclaration.

Cette prise de position intervient dans un contexte diplomatique actif. Le président Félix Tshisekedi a effectué deux déplacements à Luanda au cours de la première quinzaine de janvier 2026, où il a échangé avec le président angolais João Lourenço. Il a également séjourné à Lomé, au Togo, le 12 janvier 2026, où il a rencontré le président togolais Faure Gnassingbé, médiateur désigné par l’Union africaine dans le cadre de la crise entre la RDC et le Rwanda.

Dans la même dynamique, les responsables de l’ECC et de la CENCO se sont également rendus à Luanda pour rencontrer le président angolais, afin de soutenir les efforts en faveur de la désescalade et du dialogue.

Merveil Molo