Steve Mbikayi à "Sauvons la RDC" de Kabila : "C’est au président Tshisekedi de convoquer tout dialogue national et d’en garantir la légalité"

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Carte blanche No 163

SAUVONS LA RDC, UN RELAIS DU M23 ?

Réplique à sa déclaration du 14 Janvier 2026 sur le dialogue

Nous avons pris connaissance de la déclaration du mouvement Sauvons la RDC relative au dialogue national. L’analyse attentive de ses arguments révèle qu’elle épouse, presque mot pour mot, la position exprimée par l’AFC/M23 dans sa réponse adressée aux autorités angolaises, notamment en ce qui concerne la priorisation exclusive du processus de Doha et le rejet de toute autre initiative de dialogue, y compris celle qui serait portée par  João Lourenço, Président de la République d’Angola.

Sous couvert d’exiger la " sincérité " , la " bonne foi " et la " cohérence " du processus, Sauvons la RDC reprend les griefs et le narratif développés par la rébellion, allant jusqu’à disqualifier par avance toute initiative qui ne cadrerait pas avec ses préférences. Cette posture donne le sentiment regrettable que cette plateforme s’adosse au M23 pour exister politiquement.

Pourtant, composée de personnalités ayant exercé de hautes responsabilités nationales, Sauvons la RDC aurait pu se distinguer par une capacité de mobilisation populaire et patriotique face à l’agression dont notre pays est victime et peser seule dans la balance. Au lieu de cela, elle choisit de relayer le point de vue d’un mouvement dont le dernier rapport des experts des Nations Unies a établi qu’il n’est qu’une façade de l’armée rwandaise opérant sur notre territoire.

Plus préoccupant encore, leur déclaration critique sévèrement  le Chef de l’État et la République tout en restant silencieuse sur les atrocités commises contre nos populations dans les territoires occupés, ainsi que sur les revendications territoriales ouvertement exprimées par le Président rwandais. Ce silence affecte gravement leur crédibilité auprès de l’opinion nationale.

Sauvons la RDC affirme par ailleurs qu’aucun dialogue ne serait acceptable s’il ne provenait pas de l’initiative exclusive des Évêques de la CENCO et de l’ECC. Cette exigence surprend, dès lors que l’une des principales composantes politiques du pays, l’USN, a publiquement exprimé sa défiance à l’égard d’une médiation ecclésiastique très accommodante avec le M23 et son maître.

Il est également nécessaire de rappeler que le dialogue s’il y en aura ne pourrait être comparé à celui de Sun City. À l’époque, les protagonistes parlaient au nom des armes et non au nom du peuple. Aujourd’hui, la RDC dispose d’un Président de la République et d’un Parlement élus, porteurs d’une légitimité populaire en cours de mandat. C’est donc constitutionnellement au Chef de l’État qu’il revient de convoquer tout dialogue national et d’en garantir la légalité.

Certains tentent de réfuter cet argument en contestant la régularité des élections de 2023. Mais l’histoire politique récente de notre pays montre que la contestation d’un scrutin n’a jamais suspendu la continuité de l’État. Le précédent de 2011 est connu de tous.

Enfin, il importe de rappeler qu’en son temps, même la Conférence nationale souveraine avait été convoquée par ordonnance présidentielle dans un contexte politique bien plus contesté encore. Ceci démontre  que toute grande initiative de dialogue tire sa légitimité d’un acte du Chef de l’État, détenteur de la légalité.

Au reproche des ajustements de lieux ou de médiateurs, nous rappelons que toute médiation internationale sérieuse exige des adaptations diplomatiques, sans que cela n’altère la volonté politique de parvenir à la paix. De même, le temps consacré à la préparation d’un dialogue crédible ne relève pas d’une manœuvre dilatoire, mais d’une exigence de sérieux face à la complexité d’une crise impliquant des acteurs extérieurs.

La RDC n’ a pas besoin d’un dialogue au goût des rebelles.
Elle a besoin que ses filles et fils parlent au nom de la Nation et non au nom des armes ni d’intérêts étrangers.

Il nous faut une opposition portée par le peuple.Pas celle qui s’ accroche à la rébellion pour exister.

Steve Mbikayi, député national et président du Parti Travailliste