Le Parlement luxembourgeois convoque le ministre des Affaires étrangères qui a bloqué les sanctions de l’UE contre le Rwanda

Mercredi 26 février 2025 - 19:50
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Le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Xavier Bettel, est convoqué par le Parlement de son pays pour justifier sa décision de bloquer les sanctions de l'Union européenne à l'encontre du Rwanda, alors que la présence de l'armée rwandaise aux côtés des rebelles du M23 dans l'Est de la RDC est avérée.

Dans un communiqué diffusé le mardi 25 février, dont 7SUR7.CD a obtenu une copie, un député luxembourgeois a exprimé son indignation face à la décision du ministre.

« Nous avons donc déposé au Parlement une demande pour une question élargie au ministre des Affaires étrangères afin qu'il s'explique à ce sujet en séance publique à la Chambre », a déclaré l'élu du parti déi Lénk.

Il affirme que le gouvernement luxembourgeois protège les dirigeants rwandais pour des raisons économiques, au détriment du droit international.

« Au nom du business, notre gouvernement tolère le mépris du droit international par son pays partenaire, le Rwanda. Non seulement Xavier Bettel s'oppose ainsi à tous nos partenaires de l'UE et met en péril la crédibilité de l'UE dans ce conflit, mais il rompt aussi avec la position luxembourgeoise qui s'oppose traditionnellement au droit de veto au Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'UE », a ajouté David Wagner.

L’élu de La Gauche exige également la suspension de la coopération entre le Luxembourg et le Rwanda tant que l'armée rwandaise continue de commettre des atrocités dans l'Est de la RDC aux côtés des rebelles du M23.

« Nous continuons à exiger que notre coopération avec le Rwanda soit suspendue tant que le gouvernement rwandais poursuit son attaque illégale contre le Congo, comme nous l'avons déjà demandé dans notre motion du 12 février 2025 », a-t-il précisé.

Pour rappel, la Commission de l'Union européenne a décidé le lundi 24 février d'imposer des sanctions au Rwanda suite à l'invasion de son armée dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, à l'Est de la RDC. Ces sanctions incluent, entre autres, la suspension des consultations en matière de défense avec le Rwanda ainsi que le réexamen du mémorandum d'entente sur les matières premières stratégiques signé avec le gouvernement rwandais en février 2024. Le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères a opposé un veto à l'application immédiate de ces sanctions.

« Je pense qu'il est important, avant de vouloir prendre des sanctions contre le Rwanda, d'attendre ce résultat ces trois ou quatre prochains jours pour voir si on va dans la bonne direction. Mais tout en disant cependant qu'on est d'accord pour que de nouvelles sanctions soient prises pour augmenter la pression. Car si on prend des sanctions aujourd'hui, quel est le risque ? C'est que les parties ne se sentent pas motivées à faire les efforts nécessaires. Donc, dire que si vendredi aucun effort n'est fait, des sanctions seront prises à l'encontre du Rwanda, je pense que cela permettra d'avancer plus rapidement que de décider avant que des négociations aient lieu de sanctionner quelqu'un », s’est justifié Xavier Bettel après la réunion de la Commission européenne.

Alphonse Muderwa