Pas la peine de nous cacher derrière nos petits doigts. Les fatwas qui s’abattent sur les cadres du Palu sentent une forte odeur de guerre de succession. A 90 ans, le Patriarche des lumumbistes n’a plus bon pied, bon œil. Comme dans toutes les cours à travers le monde, les proches - dans tous les sens du terme- rêvent de l’après. Les plus ambitieux se voient déjà calife à la place du Calife.
Et comme personne n’a été investi "dauphin", bonjour les querelles et autres bisbilles de chapelles ! L’étape suivante étant carrément le combat aux couteaux. Chaque clan - pas seulement au figuré - veut positionner son champion.
Dans cette course à la succession, le cercle restreint qui a encore accès au " Vieux " dans sa tanière de Buma fait office de privilégié. Facile pour la garde rapprochée de peser sur les orientations du Parti et…l’affectation des hommes. Dans une formation bonapartiste comme le Palu, agir au nom du " Chef " confère quasiment le droit de vie et de mort politique sur les autres cadres. C’est ce qui se passe peu ou prou depuis la séquence Mayobo. Même si les suppliciés ne sont pas tous des saints.
Seulement, le Palu n’est pas un parti comme un autre. Confédération de formations nationalistes post-Lumumba, le Palu du haut de son demi siècle incarne aux yeux de beaucoup une certaine idée de la lutte contre le néo-colonialisme et pour l’existence du Congo en tant qu’Etat uni et démocratique. Le Palu est donc consubstantiel à l’histoire du Congo indépendant. De ce point de vue, le parti d’Antoine Gizenga appartient au patrimoine national.
Il serait donc dommage que les manœuvres d’écuries en vue de la succession aient raison de la symbolique libératrice et émancipatrice que charrie la légende Gizenga. Une crainte qu’amplifie l’omerta observée autour de la succession du nonagénaire. José NAWEJ