Les inquiétudes exprimées par la « Synergie de la Société Civile pour la Réussite des Elections en République Démocratique du Congo » au sujet du blocage du processus électoral font penser aux préoccupations soulevées, sur le même sujet, par le Groupe des 7 partis politiques (MSR, Unafec, Unadef, ARC, PDC, ADP/MSDD et ACO), dans leur lettre expédiée au Chef de l’Etat en date du 14 septembre 2015. En tournant et retournant les conclusions du forum de Matadi, l’on note qu’à treize mois de la fin de la législature en cours, le train des élections doit être lancé ici et maintenant.
Si rien n’est fait d’ici février 2016 au plus tard, c’est le « glissement » de tous les dangers ! En effet, des réponses immédiates doivent être apportées aux questions du financement des scrutins, d’actualisation du calendrier électoral en fonction des élections prioritaires (présidentielle, législatives nationales et provinciales), d’audit du fichier électoral, d’enrôlement de nouveaux majeurs, etc. Concrètement, les opérations préélectorales devraient démarrer sans tarder au cours de ce mois d’octobre 2015.
S’agissant du flou qui persiste au sujet de la retraite politique du Chef de l’Etat actuellement en fonction, à qui le G7 avait conseillé de respecter la Constitution, le commun de Congolais est resté sur sa soif, après la réunion de la Majorité Présidentielle, le dimanche 04 octobre à Kingakati. Il est vrai qu’à cette occasion, Joseph Kabila est effectivement monté au créneau pour déclarer, haut et fort, qu’il n’a jamais donné mandat à quiconque de rouler pour la modification de la Constitution.
Pour nombre d’analystes politiques, cette sortie en circuit fermé, sous la casquette de chef d’un regroupement politique, ne pouvait dissiper l’épais doute qui persiste au sujet de son intention ou non de briguer un troisième mandat ou de prolonger indéfiniment celui en cours. Le meilleur moyen de mettre définitivement fin aux spéculations, pense-t-on, serait d’adresser à l’ensemble de la Nation, à travers le Parlement réuni en Congrès, ou à l’occasion des fêtes de cette fin d’année, un message clair et sans équivoque, en rapport avec son engagement de ne pas se présenter à la prochaine présidentielle.
Car, à Kingakati, l’impression ressentie par beaucoup est que l’Autorité morale de la Majorité Présidentielle répondait exclusivement au G7, jugé coupable d’avoir porté un débat interne sur la place publique. Des millions de Congolaises et Congolais sont censés n’avoir pas été mis au courant de ce qui s’est dit à Kingakati. D’où l’impératif de les fixer à travers un discours public de clarification, afin que personne n’allègue plus le prétexte de l’ignorance.
L’on peut toutefois se réjouir du fait que Pierre Lumbi, Charles Mwando, Gabriel Kyungu, Olivier Kamitatu, Christophe Lutundula et Danny Banza ont fait sauter le verrou qui enveloppait, à l’intérieur de la majorité, le dossier de la succession de Joseph Kabila. Sujet jusque-là tabou, l’alternance au sommet de l’Etat, sans lui, peut désormais être débattu, sans tabou, sur les places publiques. Ce que l’Autorité morale de la Majorité présidentielle aurait intérêt à faire, pour faire bouger réellement les lignes, c’est de demander à ses troupes de réfléchir sur un candidat unique ou un panel de candidats à aligner pour la présidentielle de novembre 2016. Cela ferait tomber la psychose du « glissement » qui continue de hanter de nombreux esprits.
Kimp