« Nous saluons la condamnation par un tribunal allemand de deux chefs rebelles rwandais des FDLR pour des crimes commis en RDC. Mais nous voulons aussi voir le reste des FDLR être rapatriés chez eux au Rwanda. Raison pour laquelle nous soutenons la reprise de la collaboration FARDC-Monusco pour en finir avec ces groupes armés une bonne fois pour toutes », a déclaré le directeur de l’information publique de la Monusco, Charles Bambara, au cours de la conférence de presse hebdomadaire de la Monusco d’hier mercredi 30 septembre 2015, au siège de l’organisation onusienne dans la commune de Gombe. Pour rappel, le 28 septembre 2015, un tribunal de Stuttgart, en Allemagne, a déclaré coupable Ignace Murwanashyaka de crimes de guerre en lien avec cinq attaques commises par les FDLR dans l’Est de la RDC et de diriger une organisation terroriste, et Straton Musoni, coupable de diriger une organisation terroriste. Les deux chefs rebelles, président et vice-président des Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR), ont été condamnés respectivement à 13 et 8 ans de prison.
Revenant une fois de plus sur le dialogue stratégique entre le gouvernement et la Monusco concernant les opérations conjointes de deux armées dans la traque des FDLR, Jean Bayo, commandant adjoint des forces onusiennes, a indiqué que la sous-commission militaire est très avancée dans les négociations et espère que très bientôt, l’on va aboutir aux résultats escomptés.
Quelques questions d’actualité ont également été soulevées au cours de cette conférence, notamment celle de savoir si la Monusco se prépare à une éventuelle détérioration du climat sécuritaire et politique à Kinshasa, au regard des agitations qui nourrissent actuellement la scène politique congolaise (démissions, révocations, etc.), étant donné que presque la totalité des forces onusiennes se trouvent à l’Est du pays. A ce sujet, Charles Bambara a noté qu’ils disposent encore de suffisamment de temps, soit 14 mois avant la tenue des élections législatives et présidentielle de 2016 pour réguler la situation. Il a appelé par ailleurs les autorités congolaises à entendre les cris d’alarme lancés par diverses organisations à travers le monde, dont le Haut-commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, afin de créer un climat apaisé dans le pays. Ce dernier, a rapporté Bambara, demande à la République Démocratique du Congo de veiller à ce que les libertés fondamentales de tous les citoyens congolais soient respectées à l’approche des prochaines élections. Le Haut- commissariat de l’ONU aux droits de l’homme entend ainsi alerter sur l’intervention des agents de l’Etat dans la répression des opposants politiques et d’autres acteurs de la société civile. Il s’agit notamment pour cette institution, de l’utilisation excessive de la force à l’égard des manifestants, des arrestations arbitraires et les détentions au secret, sans contrôle judiciaire, qui sont sources de préoccupations à l’approche du prochain cycle électoral.
Devant le Conseil des droits de l’Homme, Flavia Pansieri, chef adjoint de l’ONU aux Droits de l’homme, s’est inquiété hier à Genève de la restriction de l’espace politique et des violations des droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique, qui pourraient avoir un impact négatif sur la crédibilité du processus électoral à venir, a précisé le directeur de l’information publique de la Monusco.
Pendant la session du Conseil des Droits de l’Homme sur la RDC, a-t-il mentionné, Flavia Pansieri a cependant relevé les progrès en matière des droits de l’homme, tels que la nomination des membres de la Commission nationale des droits de l’homme. La situation de la RDC sera de nouveau examinée par le Conseil, l’année prochaine, a-t-il noté.
Myriam Iragi