Agora Conference 2026 : Raïssa Malu place l’éducation et l’accès à l’électricité au cœur des enjeux de développement

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La République démocratique du Congo (RDC) a pris une part active à l’édition 2026 de l’Africa Growth and Opportunity: Research in Action (AGORA Conference), organisée du 26 au 27 octobre à Palerme, en Italie. À cette occasion, la ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a mis en lumière la complémentarité entre les investissements dans le secteur énergétique et ceux consacrés à l’éducation, considérés comme deux leviers essentiels de la transformation économique et sociale du pays.

Cette rencontre internationale a réuni des décideurs politiques, des dirigeants du secteur privé et des chercheurs autour des enjeux liés à l’accès à l’électricité et à son impact sur le développement économique en Afrique.

Les échanges ont notamment porté sur les moyens de mieux adapter les compétences, le développement de la main-d’œuvre et l’entrepreneuriat aux besoins des entreprises, en vue de stimuler la croissance et de favoriser la création d’emplois sur le continent.

Intervenant lors d’un panel ministériel de haut niveau, Raïssa Malu a défendu une approche intégrée du développement, soulignant que les investissements dans l’énergie ne peuvent produire pleinement leurs effets sans des investissements conséquents dans le capital humain.

La ministre d’État a ainsi élargi le débat au-delà des seules infrastructures énergétiques pour mettre en évidence le rôle déterminant de l’éducation et du développement des compétences dans la transformation économique de la RDC.

Selon cette approche, l’électrification et la formation doivent progresser de manière complémentaire afin de permettre aux populations de tirer pleinement profit des nouvelles opportunités économiques.

L’électricité, un levier pour l’éducation et la croissance

Pour Raïssa Malu, l’accès à l’électricité constitue un facteur essentiel d’amélioration des conditions d’apprentissage et de développement des activités économiques. Toutefois, elle estime que les bénéfices de l’électrification dépendent également de la capacité des populations à utiliser cette ressource pour développer leurs compétences, accroître leur productivité et créer de nouvelles activités génératrices de revenus.

Dans cette perspective, la ministre a insisté sur la nécessité de renforcer l’adéquation entre le système éducatif et les besoins du marché du travail. Elle a également rappelé qu’une éducation de base de qualité demeure le socle indispensable au développement des compétences nécessaires à la croissance économique.

« La véritable valeur de l’électricité ne réside pas uniquement dans sa disponibilité, mais dans ce que les populations sont capables d’en faire. Une économie productive a besoin d’énergie, d’équipements et de compétences. L’éducation est donc un investissement complémentaire indispensable pour que l’électrification produise de la valeur économique et sociale », a-t-elle déclaré.

La ministre d’État a, par ailleurs, soulevé une question centrale pour l’évaluation de l’impact des projets d’électrification : « Que devient une communauté après l’arrivée de l’électricité ? »

À travers cette interrogation, Raïssa Malu a appelé à une évaluation plus approfondie des effets de l’accès à l’électricité sur les conditions de vie des populations. Selon elle, il ne suffit pas de mesurer le nombre de ménages ou de communautés raccordés au réseau électrique. Il est également nécessaire d’analyser les changements induits dans les apprentissages, les activités productives, les possibilités d’emploi et les revenus.

Elle a ainsi plaidé pour que ces questions soient étudiées sur le terrain, en établissant des liens entre les investissements énergétiques, les investissements éducatifs et le développement des activités productives. L’objectif est de mieux comprendre comment l’accès à l’électricité peut contribuer à créer des possibilités durables de développement au sein des communautés.

La Mission 300, une opportunité pour le système éducatif congolais

La participation de la RDC à ces assises s’inscrit dans le cadre de la Mission 300, menée conjointement par l’Institut de développement économique du Groupe de la Banque mondiale, la Banque d’Italie et le ministère italien de l’Économie et des Finances.

Raïssa Malu a souligné que la Mission 300 représente une double opportunité pour le secteur éducatif en RDC : améliorer les conditions d’apprentissage grâce à l’accès à l’électricité et préparer les jeunes Congolais à contribuer à la transformation économique du pays, tout en leur permettant de bénéficier des emplois qu’elle peut générer.

La ministre a également souligné que la priorité du gouvernement est de mieux coordonner les investissements dans l’électricité, la connectivité et les équipements scolaires, afin que les ambitions de transformation numérique se traduisent par des améliorations concrètes des apprentissages et contribuent à réduire les inégalités éducatives dans les zones rurales et celles affectées par les conflits.

Dans le cadre de la Mission 300, la Banque mondiale s’est fixé pour objectif de connecter 300 millions d’Africains à l’électricité d’ici 2030. Pour la République démocratique du Congo, le barrage Grand Inga constitue un projet majeur pour contribuer à atteindre cet objectif. Le pays ambitionne de faire passer son taux d’accès à l’électricité de 21,5 % actuellement à 62 %, grâce notamment à une production projetée de 42 000 mégawatts, soit le double de celle du barrage des Trois-Gorges.

C’est précisément à ce niveau que l’éducation prend toute son importance. La disponibilité de l’électricité doit s’accompagner de la formation d’une main-d’œuvre qualifiée, capable de répondre aux besoins des entreprises, de soutenir l’innovation et de développer des activités productives.

ODN