L’ancien gouverneur du Nord-Kivu et acteur politique congolais Julien Paluku Kahongya a appelé dimanche les Congolais à refuser les discours ethno-tribaux, qu’il considère comme une menace pour la cohésion nationale, dans une tribune publiée dimanche.
Dans ce texte intitulé « Refusons le piège du poison ethno-tribal », Julien Paluku présente la diversité culturelle de la République démocratique du Congo comme une richesse et plaide pour que l’appartenance communautaire ne soit pas utilisée comme instrument de conquête ou de gestion du pouvoir.
« Il n’y a pas une communauté de criminels, mais il y a des criminels dans chaque communauté », rappelle-t-il, reprenant une déclaration qu’il affirme avoir faite lorsqu’il était gouverneur du Nord-Kivu, de 2007 à 2019.
L’ancien gouverneur met notamment en garde contre les discours qu’il estime susceptibles d’accentuer les divisions entre les communautés congolaises. Il rejette l’idée de conflits structurels entre les groupes sociologiques associés aux langues swahili, lingala, kikongo et tshiluba, tout en distinguant les tensions sociales des conflits organisés pouvant conduire à des violences.
Cet acteur politique congolais et chercheur spécialisé dans les conflits dans la région des Grands Lacs dénonce également l’instrumentalisation des questions identitaires dans le contexte des tensions régionales. Il attribue à Kigali et à des acteurs qu’il présente comme ses relais la diffusion de discours ethniques en RDC, notamment autour de la marginalisation supposée des swahiliphones.
Sur la question des Tutsi congolais, il appelle à ne pas confondre l’appartenance ethnique et les actes individuels. Selon lui, aucun membre d’une communauté ne doit être tenu collectivement responsable des actes d’une personne, tandis que tout Congolais qui rejoint une rébellion doit répondre de ses actes, quelle que soit son origine.
« La République appartient à tous les Congolais dans leur diversité culturelle », soutient-il, appelant à l’unité, à la paix et à la responsabilité.
Pour l’ancien gouverneur, la priorité doit être accordée aux enjeux de gouvernance et aux stratégies de développement du pays plutôt qu’aux divisions identitaires.
David Lupemba