L’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE) a traité, au cours des 100 premiers jours de sa nouvelle direction, des dossiers représentant environ 2,3 milliards de dollars d’investissements dans le secteur énergétique et examiné 22 projets totalisant près de 2,6 GW de capacité.
Présentant ce bilan, la directrice générale de l’ARE, Soraya Aziz Moto, a expliqué que l’amélioration de la régulation, la réduction du déficit énergétique et la modernisation de l’institution figuraient parmi les principales priorités de sa direction.
Selon la responsable de l’ARE, cette dynamique a notamment été rendue possible grâce à deux arrêtés pris en faveur de l’institution par le ministre des Ressources hydrauliques et Électricité, Aimé Molendo Sakombi, permettant à l’Autorité de devenir pleinement opérationnelle.
2,3 milliards USD d’investissements traités
L’un des principaux résultats présentés concerne le traitement des dossiers d’investissement.
En 100 jours, la nouvelle direction affirme avoir traité des dossiers représentant environ 2,3 milliards de dollars d’investissements dans le secteur énergétique. À titre de comparaison, près de 1,8 milliard de dollars d’investissements avaient été traités au cours des cinq à six années précédentes, selon les données communiquées par l’ARE.
Cette progression est notamment attribuée à l’amélioration des procédures administratives, à la digitalisation progressive des services et au renforcement du dialogue avec les opérateurs du secteur.
2,6 GW de projets énergétiques examinés
La réduction du déficit énergétique constitue un autre axe majeur du bilan présenté.
L’ARE estime actuellement à 21,5 % le taux d’accès de la population congolaise à l’électricité, tout en annonçant une mise à jour de ces données d’ici la fin de l’année.
Les besoins restent importants. Dans le secteur minier, le déficit est estimé à environ 2 GW. Pour favoriser davantage la transformation locale des minerais, les besoins pourraient atteindre près de 3 GW. L’électrification des grandes villes nécessiterait, quant à elle, entre 4 et 5 GW supplémentaires.
Au total, le déficit à combler est évalué à environ 8 GW.
Dans ce contexte, l’ARE affirme avoir examiné 22 projets énergétiques représentant environ 2,6 GW au cours de la période concernée. L’institution précise que ce volume correspond à des projets examinés et ne constitue pas encore une augmentation effective de la puissance installée en République démocratique du Congo.
Selon les données présentées, environ 1 GW de capacité additionnelle serait déjà concrètement accessible parmi les projets concernés, tandis que les autres poursuivent leur développement.

18 avis favorables pour 45 projets
Dans son bilan chiffré, l’ARE annonce avoir accordé 18 avis favorables pour 45 projets énergétiques, signé huit cadres de collaboration interinstitutionnels et traité 17 dossiers de contentieux.
L’institution indique également avoir produit sept rapports statistiques à partir des données transmises par les opérateurs.
Concernant les infrastructures inspectées, 83 % des ouvrages techniques contrôlés ont été jugés conformes, permettant l’octroi de certificats de conformité.
Au 100ᵉ jour, quatre certificats de conformité avaient été délivrés. Quatre autres l’ont été depuis, tandis qu’une dizaine de dossiers sont encore en cours de traitement.
Une régulation progressivement digitalisée
La nouvelle direction de l’ARE affirme également avoir engagé une transformation interne de l’institution, notamment à travers la digitalisation progressive des procédures, la modernisation des archives et la préparation d’un système ERP.
Le délai moyen de traitement des dossiers est actuellement évalué à 40 jours, contre un délai légal de 30 jours. La direction assure poursuivre ses efforts afin de réduire davantage cette durée.
Sur le plan budgétaire, le taux d’exécution du PTBA est annoncé à 58 %, tandis que la mobilisation des ressources atteint 56 %.
L’ARE renforce sa présence dans les réseaux de régulation
L’ARE dit également avoir renforcé sa présence dans les espaces de décision et de régulation du secteur de l’électricité.
L’institution est notamment devenue vice-présidente d’une plateforme regroupant 34 pays francophones dans le domaine de la régulation. Elle a également intégré des plateformes réunissant des régulateurs d’Afrique de l’Est, d’Afrique australe et d’Afrique centrale.
La COREAC, plateforme des autorités de régulation du secteur de l’électricité d’Afrique centrale, dispose désormais de son siège en RDC, au sein des locaux de l’ARE, selon la direction.
Deux nouvelles structures pour accompagner les réformes
Au-delà des résultats enregistrés durant les 100 premiers jours, la direction de l’ARE entend préparer les conditions nécessaires au développement futur du secteur électrique.
Deux nouvelles structures ont notamment été mises en place : un département des réformes et un service de planification au sein de la direction technique. Elles sont chargées d’accompagner la mise en œuvre du plan directeur de l’électrification de la RDC.
La direction annonce également un projet baptisé « Électricité », destiné à renforcer les compétences nationales dans le secteur. Son programme de formation prévoit une participation de 70 % de jeunes filles contre 30 % de jeunes hommes, avec l’ambition de préparer une nouvelle génération d’ingénieurs, de juristes et d’experts économiques.
La cérémonie a été marquée par la remise officielle du rapport au représentant du ministre des Ressources hydrauliques et Électricité, Aimé Molendo Sakombi, ainsi que par la remise des avis favorables et des certificats de conformité aux opérateurs. Des protocoles d’accord ont également été signés avec plusieurs partenaires, notamment la CAID, l’ACERD et Mwangaza.
Pour l’ARE, les résultats présentés traduisent une nouvelle dynamique dans la régulation du secteur. L’enjeu demeure désormais de transformer les projets examinés et les investissements annoncés en infrastructures effectivement opérationnelles afin de contribuer à la réduction du déficit énergétique en RDC.
Roberto Tshahe Da Cruz