Top 15 des partis politiques en RDC de 2011 à 2026 : l’UDPS et l’AFDC-A au coude-à-coude, le PPRD recule ( Enquête externe)

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Quel est le véritable poids des partis politiques en RDC après trois cycles électoraux ? Une enquête externe réalisée par Topdirect.cd, en collaboration avec Congoreformes.com, tente d’apporter une réponse à cette question en compilant les résultats officiels de cinq scrutins organisés depuis 2011.

L’analyse porte sur les élections législatives nationales de 2011, 2018 et 2023, ainsi que sur les législatives provinciales de 2018 et 2023. Le cumul des élus issus de ces cinq scrutins vise à mesurer la permanence de l’implantation électorale des différentes formations politiques, plutôt que leur seule performance au cours d’un cycle électoral.

Selon cette enquête, l’UDPS arrive en tête avec 257 élus cumulés, devant l’AFDC-A, qui en totalise 256. Le PPRD occupe la troisième position avec 234 élus, tandis que l’A/A-UNC de Vital Kamerhe arrive quatrième avec 135 élus. Le MLC complète le Top 5 avec 105 élus.

Créée en 1982, l’UDPS a obtenu, selon les données compilées, 41 députés nationaux en 2011, 32 en 2018 et 69 en 2023. Le parti a également enregistré 43 députés provinciaux en 2018 et 72 en 2023. Son accession au pouvoir national avec Félix Tshisekedi en 2019 a marqué une transformation majeure de son positionnement, après plusieurs décennies dans l’opposition.

Avec 256 élus, l’AFDC-A de Modeste Bahati Lukwebo se retrouve à une seule unité de l’UDPS. Le regroupement revendique notamment une forte implantation provinciale. L’enquête lui attribue 70 députés provinciaux en 2018 et 76 en 2023, auxquels s’ajoutent ses élus nationaux. Il figure ainsi parmi les formations ayant maintenu une présence significative au cours de plusieurs cycles électoraux.

Le PPRD, ancien parti présidentiel sous Joseph Kabila, conserve la troisième place avec 234 élus cumulés. Il avait obtenu 62 députés nationaux en 2011 et 56 en 2018, auxquels s’ajoutent ses élus provinciaux de 2018. Son absence au scrutin de 2023, à la suite de son choix de ne pas participer au processus électoral, a toutefois profondément modifié son poids dans le classement.

À la quatrième place, l’A/A-UNC totalise 135 élus. L’UNC de Vital Kamerhe avait obtenu 17 députés nationaux en 2011, 16 en 2018 et 36 en 2023. À ces résultats s’ajoutent 66 députés provinciaux obtenus au cours des deux cycles provinciaux pris en compte par l’enquête. Le parti occupe actuellement la présidence de l’Assemblée nationale.

Le MLC de Jean-Pierre Bemba arrive cinquième avec 105 élus. Le parti a obtenu 22 députés nationaux en 2011, autant en 2018 et 19 en 2023. Son implantation provinciale lui permet de porter son total à 105 élus. Créé en 1998, le MLC demeure ainsi l’une des formations issues de l’ancienne opposition armée à avoir conservé une représentation parlementaire au fil des cycles électoraux.

Le MSR, associé notamment à Pierre Lumbi et François Rubota, occupe la sixième position avec 73 élus. Ses performances lors des scrutins de 2011 et 2018 expliquent l’essentiel de ce résultat. L’évolution de cette formation, notamment son intégration dans d’autres configurations politiques et les recompositions intervenues après la disparition de Pierre Lumbi, a toutefois modifié son rôle sur l’échiquier politique.

Les cinq positions suivantes sont occupées par des regroupements apparus ou devenus particulièrement visibles lors du cycle électoral de 2023. Agissons et Bâtissons (AB) de Jean-Michel Sama Lukonde totalise 60 élus, dont 26 députés nationaux et 34 provinciaux. Il est suivi par l’AAAP, porté notamment par Tony Kanku Shiku, avec 49 élus, puis par 2A/TDC de Guy Mafuta Kabongo avec 48 élus.

À la dixième place figure Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, avec 41 élus, dont 18 députés nationaux et 23 provinciaux. Créée en 2021, cette formation de l’opposition institutionnelle réalise ainsi l’une des principales performances du cycle 2023 parmi les regroupements nouvellement constitués. Son implantation électorale demeure particulièrement marquée dans l’espace Katanga.

Le classement se poursuit avec A/B50 de Julien Paluku Kahongya, qui compte 39 élus, suivi de l’ANB de Guy Loando Mboyo avec 38 élus. Ces deux regroupements ont réalisé l’essentiel de leur performance lors des élections de 2023, avec respectivement une forte présence dans l’Est et dans l’espace correspondant à l’ancienne province de l’Équateur.

À la treizième place, l’AACPG de Pius Muabilu Mbayu totalise 36 élus, devant l’A24 de Fifi Masuka Saini, crédité de 32 élus. Ce dernier regroupement compte 15 députés nationaux et 17 provinciaux, selon les données de l’enquête. Il est suivi par l’ACP-A de Gentiny Ngobila Mbaka, qui clôt le Top 15 avec 25 élus, dont 11 députés nationaux.

L’enquête souligne par ailleurs que plusieurs formations politiques connues sur la scène nationale ne figurent pas dans ce Top 15. Elle cite notamment Ecidé, ACH, LGD, MDVC et Envol. Leur absence du classement s’explique, selon les auteurs, par les critères retenus, centrés sur le cumul des élus issus des cinq scrutins étudiés et non sur la notoriété des dirigeants ou la visibilité médiatique des partis.

Les auteurs précisent également que le scrutin de 2011 concernait uniquement la présidentielle et les législatives nationales. Les députés élus en 2006 étaient, pour leur part, restés en fonction jusqu’en 2018. Les sénateurs et les gouverneurs ne sont pas intégrés au calcul, les auteurs estimant que leur mode d’élection soulève des considérations différentes. Le classement porte donc exclusivement sur les députés nationaux et provinciaux issus des cinq scrutins retenus.

Au-delà du rang occupé par chaque formation, cette compilation met surtout en évidence les profondes recompositions de l’espace politique congolais. Certaines formations historiques conservent une implantation construite sur plusieurs cycles, tandis que de nouveaux regroupements peuvent obtenir, en une seule élection, un nombre important d’élus.

Le Top 15 de 2011 à 2026, présenté comme une photographie cumulative des résultats électoraux, ne constitue donc pas un classement de popularité, mais une mesure de la représentation parlementaire fondée sur les données retenues par les auteurs de l’enquête.

Alphonse Muderwa