L’ONG Agir pour la reconstruction de notre espace et la convivialité (AGIREC) a soumis une note de plaidoyer au président et aux membres de l’Assemblée provinciale du Maniema, les appelant à renforcer le contrôle parlementaire sur la gouvernance minière dans cette province.
Dans ce document signé à Kindu le 22 septembre 2026, AGIREC fait état de 499 incidents majeurs affectant la chaîne d’approvisionnement des minerais 3T, à savoir l’étain, le tantale et le tungstène. Ces incidents ont été recensés en 2025 et de janvier à septembre 2026 dans les territoires de Pangi, Kailo, Punia et Lubutu, ainsi que dans les villes de Kindu et Kasongo.
Selon l’organisation, Pangi arrive en tête avec 120 cas, suivi de Kailo (86), Punia (78), Lubutu (34), Kindu (7) et Kasongo (3).
Parmi les faits documentés figurent notamment 84 cas de perceptions illégales, 43 cas impliquant des enfants et des femmes enceintes, ainsi que 30 cas de présence illégale des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans les sites miniers.
AGIREC rapporte également 15 cas d’extorsion, de fraude et de corruption, 12 cas d’éboulements mortels, 11 cas liés à l’absence d’agents du SAEMAPE sur le terrain et 6 cas de circulation de minerais sans tags. Des problèmes environnementaux, des conflits fonciers et des cas d’arrestations qualifiées d’arbitraires sont également mentionnés.
Face à cette situation, l’organisation formule 19 recommandations à l’Assemblée provinciale. Elle l’appelle notamment à faire de la gouvernance minière artisanale une priorité du contrôle parlementaire, à organiser des auditions des services techniques et de sécurité et à veiller au respect de l’interdiction de la présence des militaires des FARDC dans les zones d’exploitation minière.
L’ONG recommande également de renforcer la traçabilité des minerais à travers une utilisation rigoureuse des tags et d’assurer la protection des enfants et des femmes enceintes contre le travail dans les sites miniers.
Sur le plan financier, AGIREC préconise la mise en place d’une commission mixte d’audit sur la gestion des redevances minières dans les Entités territoriales décentralisées (ETD).
L’organisation demande par ailleurs l’ouverture d’une enquête sur les dégâts environnementaux liés à l’exploitation minière, notamment la déforestation, la pollution des rivières et l’érosion. Elle recommande également que le directeur provincial du SAEMAPE/Maniema assure régulièrement et mensuellement le paiement des émoluments de ses agents.
Signée par le coordonnateur provincial d’AGIREC, Ramazani Alimasi Samuel, la note réaffirme enfin la disponibilité de l’organisation à collaborer avec l’Assemblée provinciale.
« AGIREC reste disponible à collaborer avec l’Assemblée provinciale », peut-on notamment retenir de cette démarche, qui propose l’instauration d’un cadre de dialogue périodique réunissant élus, services techniques, communautés locales et acteurs de la société civile afin de renforcer le suivi de la gouvernance minière au Maniema.
Morisho Tambwe, à Kindu