La Coordination provinciale de la Société civile Force vive du Maniema (SOSIMA) alerte sur la situation qui prévaut dans le secteur minier de Kampene, dans la chefferie de Babene, territoire de Pangi.
Dans une déclaration à la presse le mercredi 16 septembre, cette structure citoyenne exprime son inquiétude face à la présence d’exploitants chinois sur des sites miniers et dénonce la poursuite des activités aurifères qu’elle qualifie d’illégales.
Selon la SOSIMA, l’Association Minière de Kivu (AMIKI) avait été installée à Kampene, il y a environ quarante ans, et détenait des droits miniers sur le permis d’exploitation n° 4946, composé de 33 carrières. Elle affirme qu’entre 1989 et 1993, AMIKI avait mené une exploitation industrielle des substances minérales sur ce site, avec notamment l’installation d’une laverie et l’utilisation d’engins appropriés, grâce à l’appui financier d’un partenaire libanais.
La société civile affirme par ailleurs que le ministre des Mines, Louis Kabamba Watum, a retiré le permis d’exploitation n° 4946 par l’arrêté ministériel n° 00436/CAB/MIN/MINES/01/2026 du 14 juillet 2026, en se fondant notamment sur les articles 10, alinéa B, 290 et 291 du Code minier. La SOSIMA dit dès lors constater avec « sidération » la poursuite, sur le même site, d’activités d’exploitation de l’or attribuées à des opérateurs chinois liés à AMIKI. Elle fait également état de soupçons de complicité ou de complaisance visant certaines autorités du secteur minier, sans toutefois citer leurs noms dans sa déclaration.
Contactée par 7SUR7.CD, la société AMIKI SARL conteste le retrait de son permis et demande au ministre des mines de rapporter l’arrêté concerné. Dans une correspondance adressée au ministre des mines, Delphine Amissi Mosso, associé majoritaire et gérant de la société, soutient que, conformément à l’article 220 du Code minier congolais, l’autorité compétente ne peut retirer les droits miniers et l’autorisation d’exploitation des carrières permanentes que lorsque le titulaire n’a pas exercé les recours contre une décision de déchéance et que les voies de recours sont forcloses ou que le recours a été rejeté. Il affirme qu’AMIKI SARL « n’a jamais, ou grand jamais, fait l’objet d’un arrêté ministériel de déchéance quelconque ».
Delphine Amissi Mosso précise que l’arrêté ministériel n° 0661/KAB/MIN/MINES/01/2018 du 3 octobre 2018 concernait la société Kampene Mining SARL, alors titulaire du permis de recherche n° 4926. Selon lui, depuis qu’AMIKI SARL a récupéré ce permis, aucun arrêté de déchéance n’a été pris contre elle.
Le responsable de la société dit avoir reçu « avec stupéfaction et incompréhension » la notification de l’arrêté portant retrait du permis et estime que « la bonne foi » du ministre aurait été « trompée et induite en erreur ».
Il demande ainsi que l’arrêté soit rapporté afin de rétablir AMIKI SARL dans ses droits, invoquant notamment la préservation de « la paix sociale et les emplois chers à notre gouvernement et au président de la République, chef de l’État ».
Morisho Tambwe, à Kindu