Dialogue : Kamerhe salue « une volonté souveraine d’engager la Nation dans un moment de vérité »

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Le président de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC), Vital Kamerhe, salue, ce vendredi, l’initiative du dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État portée par le président de la République, Félix Tshisekedi.

Vital Kamerhe estime que cette démarche replace les causes profondes des crises congolaises au centre du débat national et fait du peuple congolais un acteur essentiel du processus.

Il parle ainsi d’une « rupture méthodologique inédite », aussi bien dans l’agenda que dans l’approche retenue par le Chef de l’État.

« Par son agenda comme par l’approche qui le sous-tend, il replace enfin les causes profondes des crises congolaises au cœur du débat national, en faisant de notre peuple à la fois le principal acteur du diagnostic, une partie prenante essentielle aux discussions et, surtout, l’architecte des solutions à construire », a-t-il déclaré.

L’ancien président de l’Assemblée nationale dit également voir dans cette démarche les jalons nécessaires à l’émergence d’un « véritable État stratège », capable, selon lui, de penser souverainement son avenir, d’anticiper les crises et de conduire les transformations nécessaires au progrès et à une paix durable.

« C’est avec satisfaction que je reconnais dans cette démarche les jalons indispensables à l’émergence d’un véritable État stratège, capable de penser souverainement son avenir, d’anticiper les crises, de mobiliser ses forces vives et de conduire les transformations les plus courageuses, pour le progrès et la paix durable. C’est là, à mes yeux, une ambition véritablement à la hauteur de la grandeur de notre pays », a-t-il soutenu.

Revenant sur les précédentes initiatives de paix, de la Conférence nationale souveraine aux différents accords conclus au fil des années, Vital Kamerhe estime que les engagements pris et les compromis trouvés n’ont pas toujours été suivis de transformations profondes.

« De la Conférence nationale souveraine aux différents accords de paix, des engagements ont été pris, des compromis ont été trouvés, faisant naître des espérances légitimes. Mais nous avons trop souvent signé sans transformer en profondeur, traité les conséquences sans toujours nous attaquer aux causes et différé ce que l’urgence nationale commandait pourtant de résoudre », a-t-il déploré.

Dans ce contexte, le président de l’UNC affirme « saluer, encourager et soutenir pleinement » l’initiative du chef de l’État. Vital Kamerhe rejette par ailleurs toute lecture faisant de cette démarche le résultat d’un artifice politique ou d’une pression extérieure.

« Cette démarche ne procède ni d’un artifice politique ni d’une quelconque pression intérieure ou extérieure. Elle traduit, au contraire, une volonté souveraine d’engager la Nation dans un moment de vérité, à l’une des heures les plus difficiles de son histoire, sans aucune compromission sur notre souveraineté nationale ; dans le respect des institutions de la République », a-t-il soutenu.

Pour Vital Kamerhe, la réussite du processus dépend désormais de l’implication des Congolais, appelés à mettre leur courage, leurs compétences et leurs expériences au service de cette initiative.

« Il revient désormais à tous les Congolais de mobiliser chaque parcelle de courage, d’énergie, de compétence et d’expérience afin de contribuer au succès de cette initiative historique, pour rompre le cycle des solutions inachevées et permettre à notre pays de prendre la place qui lui revient sur le continent », a-t-il appelé.

Pour l’ancien président de l’Assemblée nationale, la paix et le développement de la RDC dépassent les seuls intérêts nationaux, au regard de la place du pays dans la sous-région et de son potentiel.

« La paix et le développement de la République démocratique du Congo ne sont pas seulement une aspiration de notre peuple. Ils portent l’espérance de millions d’hommes et de femmes dans notre sous-région et constituent, par la place et le potentiel de notre pays, un enjeu majeur pour les équilibres géostratégiques mondiaux », a-t-il affirmé.

Vital Kamerhe insiste enfin sur les garanties annoncées par le chef de l’État pour encadrer la participation au processus. Il met notamment en avant les conditions d’une expression libre, d’une participation équitable et d’un débat responsable, afin que l’intérêt supérieur de la Nation prime sur les intérêts particuliers.

« Il ne saurait y avoir de garantie plus forte que l’engagement personnel exprimé par le chef de l’État à assurer les conditions d’une expression libre, d’une participation équitable et d’un débat responsable pour toutes celles et tous ceux qui, au-delà de leurs divergences, choisiront de placer l’intérêt supérieur de la Nation au-dessus des intérêts particuliers », a-t-il souligné.

Annoncé jeudi 27 août par Félix Tshisekedi dans son adresse à la Nation, le dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État doit débuter par des consultations dans les 26 provinces, avant la tenue des assises nationales à Kinshasa. Le processus, prévu pour une durée maximale de trois mois, doit associer notamment la majorité, l’opposition, la société civile, les confessions religieuses, les autorités coutumières ainsi que différentes composantes de la population. Le chef de l’État a également précisé que les acteurs qui continueront à recourir à la lutte armée ne pourront pas participer au dialogue en qualité de composantes politiques.

Raphaël Kwazi