À l’approche des 100 jours depuis la déclaration de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, Médecins Sans Frontières (MSF) alerte sur la progression rapide de la maladie et appelle à renforcer et adapter d’urgence la riposte. Selon les autorités nationales, plus de 5 000 cas confirmés et plus de 2 300 décès ont été enregistrés au 16 août 2026.
Dans un communiqué publié le 21 août, MSF estime que cette épidémie est devenue la plus importante et la plus meurtrière de l’histoire de la RDC. L’organisation souligne qu’au cours de la semaine précédant le 16 août, un décès lié à Ebola était enregistré environ toutes les 30 minutes.
Pour MSF, la réponse actuelle doit aller au-delà de la prise en charge dans les centres de traitement. L’organisation insiste notamment sur le renforcement du dépistage précoce, l’isolement sécurisé des malades et de leurs contacts, ainsi que la formation des professionnels de santé et des responsables communautaires aux mesures de prévention et de contrôle des infections.
L’urgence est d’autant plus grande que plus de 60 % des décès liés à Ebola en RDC sont survenus en dehors des centres de traitement. Cette situation favorise la propagation du virus au sein des communautés avant même la détection des cas. Par ailleurs, l’épidémie s’étend au-delà de son épicentre en Ituri, avec notamment des taux de mortalité élevés au Nord-Kivu et une forte méfiance à l’égard de la riposte.
MSF met en avant l’implication des communautés comme un élément essentiel de la lutte contre l’épidémie. Dans le camp de déplacés de Rho, près de Drodro, en Ituri, des responsables communautaires sensibilisent les habitants à l’importance du dépistage, de l’isolement et de la prise en charge rapide des symptômes. Cette collaboration contribue à limiter la transmission du virus dans ce camp qui accueille près de 50 000 personnes.
L’organisation intervient actuellement en Ituri, au Nord-Kivu, au Sud-Kivu, dans la Tshopo et au Haut-Uélé. Elle gère six centres de traitement Ebola et des unités d’isolement disposant de plus de 400 lits, soit environ un tiers de la capacité disponible pour l’ensemble de la riposte. Plus de 1 400 membres de son personnel sont mobilisés.
Face à la propagation de la maladie, MSF appelle l’Organisation mondiale de la Santé, les agences des Nations unies, les organisations humanitaires et le ministère congolais de la Santé à généraliser rapidement la formation des professionnels de santé et des responsables communautaires afin de permettre une détection plus précoce des cas et une prise en charge au plus près des communautés touchées.
Kevin Mbiya