La question du dialogue entre Congolais s'est encore invitée au briefing presse de lundi dernier, coanimé par le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, et son collègue en charge des Anciens Combattants.
Le porte-parole du gouvernement a d'abord rappelé que cette initiative est voulue par le président de la République, Félix Tshisekedi, dans le but de créer un front intérieur contre l'agression dont est victime la République démocratique du Congo de la part de son voisin, le Rwanda.
« Vous avez le dialogue voulu par le président de la République. Le président de la République l'a toujours dit, mais attention ! Nous voulons dialoguer ensemble pour créer un front commun contre l'agression. Parce que s'il y a bien un point commun sur lequel tous les Congolais sont patriotiquement unis, c'est qu'on ne peut, en aucun cas, laisser les troupes rwandaises sur notre sol. Nous avons une menace extérieure et, pour traiter cette menace extérieure, on a besoin de tous les fils », a-t-il déclaré.
Pour ce dialogue, le porte-parole de l'exécutif national exclut toutefois la participation des Congolais considérés comme des complices de Kigali.
« Mais attention ! On n'a pas besoin des fils complices ou, tout au moins, s'ils peuvent passer par la case repentance et suivre la voie tracée par le cardinal qui a nommément désigné l'ennemi, nous serons en mesure de progresser. Parce qu'ici, l'objectif justement, c'est de créer ce front intérieur autour du rempart. Le rempart contre toute velléité de balkanisation, c'est le président de la République. Et pour l'intégrité territoriale, tous les Congolais doivent être réunis. C'est l'objectif qui sera poursuivi dans ce dialogue », a souligné le ministre Muyaya.
En ce qui concerne la participation des Congolais rebelles, ce membre du gouvernement Suminwa s'est réservé d'anticiper sur les conclusions des travaux préparatoires en cours. Mais, a-t-il insisté, il ne devrait pas y avoir de Congolais soutenant les thèses du Rwanda à ce dialogue.
« On ne va pas anticiper sur ce qui ressortira des travaux préparatoires en cours, mais il y a un principe : il ne faudrait pas qu'il y ait un Congolais qui vienne siéger dans ce dialogue pour défendre les thèses du Rwanda, l'ennemi. On a besoin des Congolais patriotiques qui viennent pour que nous discutions entre frères de ce qui peut être amélioré, de ce qui ne doit pas être fait, pour que nous puissions ensemble, au terme de ces discussions, avoir un bloc consolidé derrière le président de la République afin que nous puissions en finir avec cette agression. Parce que, ne vous y trompez pas, nous aurions eu plus de routes, plus d'écoles et plus de centres de santé si nous n'avions pas la persistance de la guerre », a-t-il dit.
« L'inclusivité est un objectif »
Cependant, Patrick Muyaya a affirmé que l'inclusivité demeure un objectif recherché dans le cadre de ce dialogue.
« L'inclusivité est un objectif, on va y travailler avec les confessions religieuses. Je suis sûr que nous allons trouver les créneaux qui permettent aux Congolais de participer », a-t-il indiqué.
Lors de sa dernière visite au Gabon, la semaine dernière, le président Félix Tshisekedi a annoncé une prochaine adresse à la Nation en vue de la convocation du dialogue.
L'opposition, qui avait fixé au 15 août la date butoir pour la convocation de ces discussions, a annoncé la reprise de ses actions de terrain après l'expiration de son ultimatum. Une marche a été annoncée pour le 15 septembre prochain sur toute l'étendue du pays afin de dire non à un troisième mandat de l'actuel chef de l'État.
Prince Mayiro