Nord-Kivu : plus de 231.000 enfants non déclarés à l’état civil faute de registres d'actes de naissance

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Plus de 231.000 enfants du Nord-Kivu ne sont toujours pas enregistrés à l’état civil, en raison notamment d’une pénurie persistante de registres d’actes de naissance, alerte le Parlement et Comité d’enfants du Grand Nord-Kivu.

Selon les chiffres communiqués par cette structure, 231.570 enfants ne figurent actuellement dans aucun registre d’état civil. Son porte-parole, Georges Ngumayiri, a dénoncé une situation qui perdure depuis plus de trois ans et qui prive des milliers d’enfants d’une preuve officielle de leur identité.

« L’acte de naissance est une pièce d’identité primordiale pour la vie d’un enfant », a-t-il souligné, estimant que cette situation expose les enfants à un risque de non-reconnaissance et complique leur accès à plusieurs droits.

Cette alerte intervient alors que les services de l’état civil de plusieurs entités du Nord-Kivu font régulièrement état de difficultés liées à la disponibilité des registres.

La situation touche Butembo, Beni, le territoire de Beni et certaines zones environnantes. En février 2026, 100.000 enfants attendaient encore leur enregistrement à l’état civil dans les zones de Beni, Butembo et Lubero, faute de registres disponibles. Dans la chefferie des Bashu, plus de 25.000 enfants étaient concernés, contre plus de 35.000 dans le secteur des Ruwenzori.

À Beni, le problème s'est traduit par l'accumulation de milliers de dossiers en attente. Le bureau local de l’état civil a affirmé avoir délivré, depuis 2022, 50.420 procurations à des parents attendant toujours les actes de naissance de leurs enfants.

Les acteurs de l’état civil et les organisations de défense des droits de l’enfant appellent ainsi les autorités compétentes à assurer rapidement l’approvisionnement des bureaux en registres afin de résorber le retard accumulé et permettre aux nouveau-nés d’être enregistrés dans les délais prévus par la loi.

Au Grand Nord, les autorités de l’état civil assurent que les enfants dont les parents se sont présentés dans les délais légaux pourront obtenir leur acte de naissance sans devoir recourir à un jugement supplétif dès que les nouveaux registres seront disponibles.

David Lupemba