GENOCOST : Paluku accuse Kabila d’avoir été à l'origine d’un « piège » qui a plongé l’Est de la RDC dans 30 ans de crise

Image
Droits tiers

À l'occasion de la commémoration du GENOCOST (Génocide pour des gains économiques) le dimanche 02 août à Kinshasa, l’ancien gouverneur du Nord-Kivu Julien Paluku Kahongya est revenu sur trois décennies de conflits dans l’Est de la République démocratique du Congo et a livré une lecture controversée sur le rôle de l'ancien président Joseph Kabila dans cette crise.

Dans son analyse, ce politologue a évoqué notamment l’arrivée de Joseph Kabila au pouvoir après l’assassinat de son père Laurent-Désiré Kabila en janvier 2001 jusqu'à son départ en 2019, puis les différentes séquences ayant marqué la région des Grands Lacs dont des rébellions successives, les accords de paix, la résurgence du M23 et la crise actuelle dans l’Est du pays.

Julien Paluku a établi un lien entre plusieurs épisodes historiques qu’il présente comme les différentes étapes d’un même cycle de déstabilisation. Il a remis également en question certains événements intervenus durant les années de pouvoir de Joseph Kabila qu'il accuse d'être acteur du piège de la guerre dans l'Est, notamment à travers les accords d’intégration militaire, l'infiltration des institutions et les dynamiques ayant précédé la résurgence du M23.

Il est revenu ensuite sur la présence de Joseph Kabila à Goma en 2025, alors que la ville était sous contrôle de l’AFC/M23, un épisode qui avait suscité de nombreuses réactions dans la classe politique congolaise. Julien Palukua a rappelé également les déclarations attribuées à l’entourage de l’ancien chef de l’État sur le rapprochement entre son combat politique et celui porté par le mouvement rebelle M23/AFC.

« La ville de Goma tombe sous le contrôle des forces rwandaises. Joseph Kabila y réapparaît contre toute attente. Par la voix de Kikaya Bin Karubi, il affirme que le combat du M23 rejoint le sien. Une déclaration qui choque la Nation qu'il a dirigée pendant 18 ans (2001-2019) », a déclaré Julien Paluku Kahongya. 

Et de poursuivre : « Poursuivi par la justice congolaise après la levée de ses immunités parlementaires, Joseph Kabila défie l'État. De la Présidence à la rébellion, le parcours boucle la boucle : chassez le naturel, il revient au galop ».

À travers cette chronologie allant de 1996 à 2026, l’ancien gouverneur du Nord-Kivu a affirmé que le GENOCOST représente le bilan humain de trente années de conflits liés, selon lui, à des enjeux géopolitiques et économiques dans l’Est de la RDC.

Alphonse Muderwa