Le ministre de l'Intégration régionale, Floribert Anzuluni Isiloketshi, a affirmé que cinq des six zones identifiées comme abritant des combattants des FDLR se trouvent sous le contrôle du Rwanda et de l'AFC-M23, tandis qu'une seule est sous contrôle de l’armée congolaise. Il l'a déclaré, ce mardi 28 juillet à Kinshasa, lors d'un briefing de presse conjoint avec le ministre de la Communication et médias, Patrick Muyaya.
Selon Floribert Anzuluni, les six zones ont été identifiées dans le cadre du mécanisme de suivi mis en place après les accords de Washington.
« Lors des discussions (...), nous nous sommes accordés sur le fait que les FDLR se trouvaient dans six zones identifiées : cinq dans le Nord-Kivu et une dans le Sud-Kivu, au niveau des hauts plateaux. Sur ces six zones, cinq sont hors du contrôle de l'armée congolaise et sous celui du Rwanda/AFC-M23 : quatre dans le Nord-Kivu et une dans le Sud-Kivu. La seule zone sous contrôle de la RDC se situe dans le Grand Nord, à Walikale. C'est pour cette raison que le déploiement militaire a été effectué à Walikale », a-t-il déclaré.
Le ministre a précisé que les discussions menées avec le leadership politique et militaire des FDLR ont conduit à la signature d'un protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement, fondé sur l'accord de Washington et son concept opérationnel (CONOPS).
D'après lui, le document prévoit notamment que les combattants faisant l'objet de preuves pour des crimes graves, des crimes contre l'humanité ou d'autres crimes imprescriptibles soient jugés conformément au droit international devant une juridiction indépendante.
Floribert Anzuluni a expliqué que les FDLR se sont engagés, dans une première phase, à procéder à leur démilitarisation, à leur démobilisation puis à leur cantonnement, sous réserve que les camps soient sécurisés et que les démobilisés ne soient pas renvoyés de force au Rwanda, leur retour devant demeurer volontaire conformément au droit international humanitaire. Dans une seconde phase, le mouvement s'est engagé à se dissoudre définitivement et à retourner au Rwanda, sous réserve que la question des réfugiés soit prise en compte.
Interrogé sur le nombre de combattants concernés, le ministre a reconnu que les estimations restent sujettes à controverse, tout en affirmant que l'essentiel demeure l'engagement du leadership politique et militaire des FDLR à participer au processus avec leurs combattants.
Il a également annoncé la mise en place d'un comité régional composé de partenaires régionaux, internationaux et d'experts afin de superviser le processus. Avec l'appui du P-DDRCS et de ses partenaires, des mécanismes tels que la biométrie et les empreintes digitales seront utilisés pour empêcher toute reconstitution de groupes armés.
Le ministre a par ailleurs insisté sur le fait qu'il ne s'agit pas d'un nouveau dialogue, mais de la mise en œuvre des engagements pris par la RDC dans le cadre des accords de Washington. Il a indiqué qu'un plan opérationnel élaboré par le P-DDRCS, comprenant un chronogramme et un budget, sera présenté après concertation avec les parties prenantes.
Enfin, Floribert Anzuluni a rappelé que, conformément aux accords de Washington, le retrait progressif des troupes rwandaises des six zones opérationnelles identifiées doit permettre à la RDC de mettre en œuvre son engagement de neutralisation des FDLR.
Raphaël Kwazi