Juliana Lumumba : « Je veux une Francophonie qui parle aux citoyens »

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Juliana Amato Lumumba, candidate de la République démocratique du Congo au poste de secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), a présenté, mardi 30 juin à Paris, sa vision pour l’avenir de l’institution francophone lors de son audition devant la Conférence ministérielle extraordinaire de la Francophonie.

Dans son intervention, la candidate congolaise a plaidé pour une Francophonie davantage tournée vers les citoyens et les réalités sociales des États membres.

« Je veux une Francophonie qui parle aux citoyens, qui répond à leurs attentes concrètes, qui renforce les capacités locales et qui associe les jeunes, les femmes, les collectivités et les diasporas à la définition des priorités. Une Francophonie capable de devenir, au XXIe siècle, non seulement un espace de coopération entre États, mais également une véritable communauté mondiale de solidarité, d'intelligence collective, de créativité humaine et de paix entre les peuples », a déclaré Juliana Amato Lumumba.

Poursuivant son propos, elle a insisté sur le rôle que l’OIF devrait jouer face aux grands enjeux internationaux.

« Concrètement, cela signifie une Francophonie qui renforce son influence internationale. Nous devons mieux coordonner nos actions, parler d'une voix plus forte dans les enceintes multilatérales et mobiliser davantage de partenaires publics et privés pour soutenir nos ambitions. La Francophonie doit être un acteur stratégique capable de peser sur les grands enjeux de notre temps », a-t-elle affirmé.

La candidate a également évoqué les enjeux liés à la démocratie, aux droits humains et à la sécurité humaine au sein de l’espace francophone.

« De plus, il faut une Francophonie qui assume pleinement son rôle politique, ce qui implique une vigilance démocratique impartiale, une prévention active des crises, un engagement constant en faveur des droits humains et de la sécurité humaine », a-t-elle ajouté.

Abordant les questions liées à la jeunesse et à la formation, Juliana Amato Lumumba a appelé à faire de l’éducation et du numérique des priorités de l’organisation.

« L'avenir de notre espace dépend de notre capacité à former, à connecter et à accompagner les talents. L'éducation, la formation professionnelle, la mobilité académique et l'innovation numérique doivent devenir des priorités transversales, structurantes et visibles », a-t-elle soutenu.

Au cours de son audition, la candidate de la RDC a également présenté plusieurs engagements qu’elle entend porter à la tête de l’OIF, notamment la création d’une Biennale des rencontres interculturelles francophones.

« Je souhaite une Francophonie qui reconnaît la pluralité des histoires, valorise les identités, apaise les mémoires blessées et transforme la diversité en force de cohésion. Elle ne cherche pas à effacer les tensions du passé, mais à créer les conditions d'un dialogue respectueux entre les peuples », a expliqué Juliana Amato Lumumba.

Elle a ensuite détaillé son projet culturel pour l’espace francophone.

« Je propose donc de créer une Biennale des rencontres interculturelles francophones », a-t-elle annoncé, précisant que cette initiative comprendrait « un sommet des cultures francophones, un marché mondial des industries culturelles et créatives, une exposition universelle des arts francophones, un grand salon des innovations numériques et technologiques, un festival des patrimoines culinaires et un carnaval des musiques et des traditions populaires ».

La question des langues a également occupé une place importante dans son intervention. Juliana Amato Lumumba a défendu la valorisation des langues nationales et locales au sein de l’espace francophone.

« Les langues sœurs, ce sont nos langues, celles que nous parlons. Elles sont le lingala, le swahili, le bambara, le khmer, le monégasque, le créole, le néerlandais, toutes les langues par lesquelles nous nous exprimons. Mais quelle est la langue qui nous unit ? C'est le français. C'est la langue qui nous relie », a-t-elle déclaré.

Et d’ajouter : « Lorsque nous valorisons nos langues sœurs, qui sont les vecteurs de nos identités, nous renforçons aussi le français. Parce que, pour moi, le français est la langue pivot. Ce n'est pas une langue de domination. C'est une langue qui nous relie. C'est la langue du savoir, c'est la langue de l'innovation. »

Cette audition s’inscrit dans le cadre des préparatifs de l’élection au poste de secrétaire général de l’OIF, prévue lors du Sommet de la Francophonie, qui se tiendra à Phnom Penh en novembre 2026.

La candidature de Juliana Amato Lumumba est portée par la République démocratique du Congo, présentée comme le premier pays francophone par sa population, avec Kinshasa, considérée comme la plus grande métropole francophone du monde.

Raphaël Kwazi