Ebola : 500 millions $ mobilisés pour renforcer la riposte régionale

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Les dirigeants africains et les partenaires mondiaux de la santé ont averti, mardi 25 mai, à Addis-Abeba, en Éthiopie, que les retards dans la mobilisation des ressources et l’intensification de la riposte à l’épidémie d’Ebola liée à la souche Bundibugyo pourraient entraîner une propagation régionale plus large et une augmentation des pertes en vies humaines.

Selon le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), une réunion ministérielle virtuelle organisée avec l’Union africaine a permis aux dirigeants africains d’approuver un plan continental de préparation et de réponse nécessitant au moins 319 millions de dollars américains entre juin et novembre 2026.

Ce plan vise à renforcer le contrôle de l’épidémie dans les pays touchés ainsi que la préparation dans au moins onze États membres de l’Union africaine considérés comme à haut risque.

Au cours de cette rencontre, il a également été annoncé que près de 500 millions de dollars américains avaient déjà été engagés ou promis par des gouvernements, des agences multilatérales et des partenaires humanitaires.

Le directeur général du CDC Afrique, le Dr Jean Kaseya, a salué « une démonstration importante de la solidarité mondiale et de l’engagement à relever ce défi crucial ».

Il a précisé que la prochaine étape, dans le cadre de l’équipe conjointe de soutien à la gestion des incidents, consisterait à travailler avec les partenaires afin de « valider les engagements, clarifier l’équilibre entre les nouveaux financements, les ressources réaffectées, les contributions en nature et les allocations au niveau national », tout en veillant à orienter les ressources vers les priorités identifiées dans le plan de réponse conjoint.

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa, également champion de l’Union africaine pour la prévention, la préparation et la riposte aux pandémies, a déclaré que les pays africains avaient déjà fourni des contributions nationales représentant environ 10 % des besoins financiers requis.

« Les pays africains ont déjà versé des contributions nationales initiales représentant environ 10 % du financement requis. L’Afrique n’attend plus passivement que les autres agissent », a-t-il affirmé.

Il a également annoncé que l’Afrique du Sud avait doublé sa contribution initiale de 5 millions de dollars américains à la riposte continentale contre Ebola conduite par le CDC Afrique.

La Fondation Gates a, de son côté, accordé 5 millions de dollars américains au CDC Afrique et 10 millions de dollars américains à l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a estimé que l’épidémie mettait en évidence la nécessité d’investir davantage dans les systèmes de surveillance, les centres d’opérations d’urgence, la génomique, les agents de santé communautaires ainsi que les capacités locales de production.

« Les problèmes africains exigent un leadership et une responsabilité africains », a-t-il déclaré.

Le directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a averti que les autorités sanitaires étaient « débordées par une épidémie qui progresse très rapidement » après sa détection tardive dans l’est de la RDC.

L’OMS a déjà débloqué 3,9 millions de dollars américains provenant de son Fonds de réserve pour les situations d’urgence afin de soutenir les opérations sur le terrain.

« Nous sommes confrontés à une épidémie extrêmement grave et difficile à gérer. La situation va s’aggraver avant de s’améliorer. Mais nous connaissons ce virus et nous savons comment l’arrêter », a déclaré le Dr Tedros.

Les responsables sanitaires ont également souligné que l’insécurité, les déplacements de population et la résistance des communautés compliquaient les opérations de surveillance, le traçage des contacts et l’accès aux populations vulnérables, notamment après des attaques signalées contre un centre de traitement Ebola dans l’est de la RDC.

Ils ont ajouté que l’absence de vaccins et de traitements homologués contre la souche Bundibugyo, associée à des capacités limitées de laboratoire pour confirmer rapidement les cas suspects, compliquait davantage les efforts de confinement.

La directrice générale de Gavi, le Dr Sania Nishtar, a indiqué que des efforts étaient en cours afin d’accélérer la recherche sur les vaccins et la préparation contre la souche Bundibugyo, tout en insistant sur l’importance d’un accès équitable aux vaccins et traitements lorsqu’ils seront disponibles.

Le ministre congolais de la Santé, le Dr Roger Kamba, a appelé à un renforcement de la coordination régionale et au maintien du soutien aux équipes de première ligne.

Il a averti que l’épidémie évoluait « dans un contexte sécuritaire extrêmement difficile », marqué notamment par l’insécurité persistante et les attaques contre les infrastructures sanitaires dans l’est de la RDC.

La Somalie, le Nigéria, l’Égypte et le Burundi ont également insisté sur l’importance de la préparation, du renforcement des systèmes de laboratoire, de la coordination transfrontalière, de la surveillance et du partage d’informations face au risque de propagation régionale.

Raphaël Kwazi