Défis climatiques et hydriques : la RDC se positionne comme « pays-solutions » de la gouvernance mondiale

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La ministre d’État en charge des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a plaidé, mardi, lors de la Semaine africaine de l’UNESCO, à Paris, pour une gouvernance mondiale de l’eau fondée sur la coopération et la solidarité, tout en positionnant la République démocratique du Congo comme un « pays-solutions » face aux défis climatiques et hydriques mondiaux.

Intervenant devant les délégations africaines et les responsables de l’UNESCO, la cheffe de la diplomatie congolaise a mis en avant le rôle stratégique de la RDC dans la préservation des équilibres environnementaux mondiaux grâce à l’immense potentiel hydrique du Bassin du Congo.

« Au cœur du Bassin du Congo, deuxième plus grand bassin fluvial de la planète, mon pays concentre environ 52 % des réserves en eau de surface du continent africain. Plus des trois quarts des usagers du Bassin vivent sur le territoire congolais. Cette réalité confère à la RDC une responsabilité particulière dans la préservation des équilibres environnementaux et dans la promotion d’une gouvernance concertée des ressources hydriques. Dans un contexte mondial marqué par les effets du changement climatique, la pression démographique, les besoins croissants en énergie et les tensions autour des ressources naturelles, nous défendons une conviction simple : l’eau doit être un facteur de coopération, et non de rivalité entre les États. C’est dans cet esprit que la République démocratique du Congo a fait le choix d’une approche fondée sur la solidarité régionale, l’interdépendance positive et la gestion durable des ressources partagées », a déclaré la ministre des affaires étrangères.

Dans son allocution, Thérèse Kayikwamba Wagner a rappelé que la RDC entend renforcer son rôle dans la gouvernance régionale des ressources hydriques à travers une approche fondée sur la gestion intégrée des ressources en eau, consacrée par la loi congolaise sur l’eau de 2015.

La ministre a également insisté sur les enjeux sécuritaires et sociaux liés à l’accès à l’eau, estimant que sans sécurité hydrique, il ne peut y avoir « ni sécurité alimentaire, ni santé publique durable, ni résilience climatique, ni paix durable ».

Au-delà du discours diplomatique, la patronne des Affaires étrangères a reconnu les difficultés persistantes auxquelles fait face la RDC en matière d’accès à l’eau potable et aux infrastructures d’assainissement, malgré l’abondance de ses ressources hydriques.

Elle a évoqué les besoins importants dans les zones rurales et périurbaines, aggravés par la croissance démographique, le déficit en infrastructures ainsi que les effets du changement climatique.

Pour répondre à ces défis, le gouvernement congolais a lancé plusieurs initiatives, notamment le Programme d’Accès aux Services d’Eau et d’Assainissement (PASEA) ainsi que le Pacte présidentiel Eau-Hygiène-Assainissement présenté lors du sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba en février dernier.

Dans la suite de son intervention, Thérèse Kayikwamba Wagner a plaidé pour des mécanismes de financement « plus justes et plus innovants » au bénéfice de l’Afrique, soutenant notamment le développement de la « finance bleue », basée sur la reconnaissance des services environnementaux rendus par le Bassin du Congo à l’équilibre climatique mondial.

« Préserver le Bassin du Congo, c’est préserver bien plus qu’un espace géographique africain. C’est protéger un patrimoine écologique essentiel pour l’humanité tout entière », a-t-elle soutenu.

La ministre des affaires étrangères a enfin réaffirmé l’engagement de la RDC en faveur de la coopération régionale dans les mécanismes du Bassin du Congo, du Bassin du Nil et de la région des Grands Lacs, tout en saluant l’appui de l’UNESCO dans la recherche hydrologique et la formation scientifique africaine.

Grâce Kenye