Réagissant au lancement de la coalition de l’opposition C64, ce mardi 19 mai à Kinshasa, le coordonnateur national de la plateforme politique Front Anti-Dialogue et président du parti politique Congo Positif a critiqué cette initiative portée notamment contre le projet de changement de la Constitution, soutenu par l’Union sacrée de la Nation.
Dans une interview accordée à 7SUR7.CD, Dieudonné Nkishi Kazadi a qualifié cette journée de « page noire » pour la République démocratique du Congo, estimant que certains opposants privilégient leurs intérêts politiques au détriment du pays, dans un contexte marqué par l’insécurité et l’agression étrangère.
« C’est un jour sombre pour notre pays, parce que je vois quatre personnalités importantes se réunir pour déstabiliser le fonctionnement du pays, alors que nous sommes en pleine agression étrangère, avec un autre État qui revendique des espaces sur notre territoire. Cela ne constitue pas leur préoccupation. J’ai dit que c’est une page noire de notre histoire, parce que depuis longtemps les politiciens congolais nous ont habitués à un phénomène incroyable : pour eux, notamment ceux de l’opposition, le régime vaut plus que l’État, le régime vaut plus que le pays », a-t-il déclaré.
Le président de Congo Positif a également soutenu que les débats autour d’un éventuel changement constitutionnel devraient être tranchés par le peuple congolais à travers un référendum, et non par les seuls acteurs politiques opposés à cette démarche.
« Le problème du changement de constitution n’appartient pas à un régime. La constitution n’appartient pas aux politiciens, mais au peuple, au pays et à l’État. Eux prétendent combattre le régime simplement parce qu’ils pensent que le président de la République devrait avoir un autre mandat. Si nous étions plus forts, si j’étais dans l’opposition, je ne me battrais pas ainsi ; je dirais que la CENI n’a pas le droit de recevoir un candidat président de la République ayant déjà accompli deux mandats conformément à la constitution. Par quelle magie le président de la République aurait-il un troisième mandat ? », a-t-il affirmé.
Poursuivant sa réaction, Dieudonné Nkishi Kazadi a indiqué que les leaders de la coalition C64 défendent avant tout la Constitution de 2006 dont ils seraient, selon lui, les principaux artisans.
« Avant l’article 64, il y a l’article 63. Qu’ils lisent l’article 63 et qu’ils en parlent aussi au peuple congolais. Cette coalition ne donnera rien. Ce sont les oncles, les pères de la constitution de 2006 qui défendent leur enfant en train de mourir. Aucun de ces gens n’a de programme pour le peuple congolais. Tous ont déjà gouverné, les uns comme députés, les autres comme ministres. Qu’ont-ils donné ? Si le peuple congolais continue à croire à leurs mensonges, il restera toujours le dindon de la farce de ces politiciens, qui n’ont rien à offrir au peuple, sinon des gesticulations pour leurs propres intérêts », a-t-il conclu.
Les partis politiques de l’opposition ont lancé, ce mardi, la Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64), avec pour objectif de faire bloc contre le projet de changement ou de révision de la Constitution.
Cette coalition, composée de plusieurs formations politiques de l’opposition, bénéficie également du soutien de quelques mouvements citoyens. Elle se réfère à l’article 64 de la constitution qui stipule : « tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d'individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l'exerce en violation des dispositions de la Constitution ».
Raphaël Kwazi