L’ONG Human Rights Watch (HRW) affirme que plus de 50 civils ont été exécutés sommairement, au moins 8 femmes violées et 12 personnes victimes de disparition forcée durant l’occupation de la ville d’Uvira, au Sud-Kivu, par le groupe armé M23 et les forces rwandaises entre le 10 décembre 2025 et le 17 janvier 2026.
Ces accusations sont contenues dans un rapport de 23 pages publié ce jeudi et intitulé « Nous sommes des civils ! : Meurtres, violences sexuelles et enlèvements perpétrés par le M23 et les forces rwandaises à Uvira, en République démocratique du Congo ».
Selon HRW, les forces d’occupation ont mené des perquisitions de porte à porte dans plusieurs quartiers de la ville, procédant à des arrestations sommaires avant d’exécuter des hommes et des garçons. L’organisation rapporte également que des habitants tentant de fuir Uvira ont été pris pour cible par des tirs.
« Après avoir pris le contrôle d’Uvira, les combattants du M23 et les forces rwandaises ont procédé à des arrestations sommaires, tuant hommes et garçons, et commettant des viols et des enlèvements », a déclaré Philippe Bolopion, directeur exécutif de Human Rights Watch.
Le rapport s’appuie sur plus de 120 entretiens réalisés en mars et avril 2026 auprès de victimes, témoins et autres sources locales. HRW indique avoir sollicité les réactions du gouvernement rwandais ainsi que de Bertrand Bisimwa, chef du M23, sans obtenir de réponse.
L’organisation estime que les violences commises durant cette occupation pourraient faire l’objet de poursuites internationales. Elle appelle à l’ouverture d’enquêtes criminelles, notamment devant la Cour pénale internationale (CPI).
« Human Rights Watch a documenté de nombreuses atrocités, mais n’a peut-être fait qu’effleurer le problème. Des enquêtes criminelles sont nécessaires afin que ces crimes ne restent pas impunis », a ajouté Philippe Bolopion.
HRW exhorte également le Rwanda à mettre fin à son soutien au M23 et demande aux autorités congolaises de mener des enquêtes « rapides, transparentes et impartiales ». L’organisation insiste sur la nécessité de protéger les témoins, préserver les preuves et garantir la sécurité des civils.
Le 2 mars dernier, les États-Unis avaient imposé des sanctions contre l’armée rwandaise et certains de ses commandants pour leur implication présumée dans la prise et l’occupation d’Uvira.
Rébellion relancée fin 2021, le M23 est accusé par plusieurs rapports internationaux de graves violations des droits humains dans l’est de la RDC, notamment des exécutions extrajudiciaires, des viols, des enlèvements et des enrôlements forcés.
Raphaël Kwazi