Éducation nationale : vers l’intégration du narratif Genocost dans les programmes scolaires en RDC

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Le vice-ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Théodore Kazadi, a procédé, samedi 9 mai 2026, au lancement officiel d’un atelier consacré à la formation des formateurs centraux sur le narratif « Genocost ».

Cette initiative gouvernementale vise à intégrer l’enseignement de la mémoire collective, du patriotisme et de la citoyenneté dans les programmes scolaires de la République démocratique du Congo.

Organisé sous l’égide du ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, en collaboration avec la Commission interinstitutionnelle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes ainsi que le Fonds national des réparations des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité, cet atelier réunit, pendant dix jours à Kinshasa, 25 inspecteurs-formateurs et plusieurs experts du secteur éducatif venus de différentes provinces du pays.

L’objectif principal est d’élaborer des outils pédagogiques adaptés aux réalités congolaises afin de transmettre aux élèves l’histoire des violences, des massacres et des tragédies qui ont marqué la RDC au cours des trois dernières décennies. Cette démarche vise également à promouvoir les valeurs d’unité nationale, de paix, de résilience et de cohésion sociale auprès des jeunes générations.

Selon le vice-ministre Théodore Kazadi, cette initiative traduit la volonté du Gouvernement de faire de l’école un véritable espace de transmission de la mémoire nationale et de consolidation de l’identité citoyenne congolaise. Elle s’inscrit aussi dans la dynamique institutionnelle autour de l’appropriation du narratif Genocost, considéré comme un devoir collectif de mémoire, de vérité et de justice.

« Nous nous réunissons ici à Kinshasa pour une mission qui touche au cœur même de notre identité nationale et de l’avenir de notre jeunesse. La République démocratique du Congo traverse une phase cruciale de son histoire et, sous l’impulsion du Président de la République, la lutte contre l’oubli est devenue une priorité nationale », a déclaré le vice-ministre.

Il a précisé que le narratif Genocost ne se limite pas à un simple concept historique ou juridique, mais représente avant tout une blessure encore vive dans la mémoire collective du peuple congolais, nécessitant une réponse éducative durable.

« Le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté a reçu une mission claire : intégrer ce narratif dans les programmes scolaires. Pourquoi ? Parce qu’un peuple qui ignore son passé est condamné à le revivre. Mais un peuple qui enseigne son histoire à ses enfants se donne les moyens de préserver sa souveraineté et son unité », a-t-il martelé.

Au cours de cet atelier, les participants auront pour mission d’harmoniser la compréhension du concept Genocost sous les angles de la mémoire, du droit, de la résilience et de la citoyenneté. Ils devront également élaborer des fiches pédagogiques, des guides méthodologiques ainsi qu’un plan national de déploiement destiné aux établissements primaires et secondaires.

Le vice-ministre a en outre annoncé qu’une seconde phase du processus sera lancée au mois de juin prochain avec la création de clubs citoyens au sein des écoles.

« Nous voulons que nos écoles deviennent des espaces de débat, d’engagement citoyen et de patriotisme. Les modules et kits d’animation qui seront élaborés permettront à nos élèves de devenir de véritables ambassadeurs de la mémoire nationale », a souligné Théodore Kazadi.

Prenant la parole à son tour, le coordonnateur exécutif de la Commission interinstitutionnelle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes, François Kakese Kimaza, a expliqué que cette activité s’inscrit dans le cadre de la feuille de route Genocost 2026, élaborée pour soutenir la stratégie nationale de plaidoyer international en faveur de la reconnaissance des génocides commis en RDC.

« Il est désormais établi que des génocides ont été commis en République démocratique du Congo. Il est donc essentiel que la population en prenne connaissance et que la mémoire collective soit entretenue et préservée », a-t-il insisté.

De son côté, le directeur général adjoint du Fonds national des réparations des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité, Kevin Ngunga Makiedi, a mis en avant l’importance de la culture de la mémoire dans le processus de réparation des victimes.

« La culture de la mémoire implique une éducation à la paix. Il est indispensable de transmettre cette histoire à nos enfants afin que les faits soient connus, reconnus et ne puissent plus jamais se reproduire. Nous disposons aujourd’hui d’une documentation suffisamment riche pour fournir des éléments concrets, crédibles et vérifiables », a-t-il assuré.

Parmi les experts mobilisés figure également le professeur Emmanuel-Janvier Luzolo Bambi, qui a insisté sur le rôle fondamental de l’éducation citoyenne et de la prise de conscience collective.

« Il est question de former les élèves afin qu’ils connaissent leur histoire, comprennent les injustices subies par le peuple congolais et mesurent les conséquences des conflits sur notre vivre-ensemble. Les générations futures doivent comprendre ce que le pays a traversé durant ces trente dernières années afin de mieux construire l’avenir », a-t-il conclu.

De plus en plus présent dans les milieux institutionnels, universitaires et culturels, le concept « Genocost » désigne les massacres, crimes de masse et violences qui ont endeuillé la République démocratique du Congo depuis plus de trois décennies, particulièrement dans l’Est du pays.

ODN