Onze présidents de ligues provinciales de karaté-do sur seize ont dénoncé, dans un mémorandum adressé au chef de l’État, un « coup de force » au sein de la Fédération de karaté-do du Congo (FEKACO). Le document, rendu public mardi 14 avril 2026 à Kinshasa, a été lu devant la presse par le président de la ligue du Haut-Katanga, Paul-Roger Mbayo.
Dans ce mémorandum adressé aux autorités politiques, administratives, judiciaires et sportives, les signataires affirment agir conformément aux statuts de la fédération.
« Nous, présidents des ligues de karaté-do de la RDC, membres du Bureau fédéral de la FEKACO, réunis en session extraordinaire conformément aux statuts, prenons à témoin l’opinion nationale et internationale ainsi que toutes les autorités compétentes sur la gravité des dérives observées », indique le document.
Les 11 présidents dénoncent une crise persistante et entretenue, marquée notamment par la tenue d’assemblées jugées illégales, dont celles du 22 décembre 2025 et du 10 avril 2026. Ils évoquent également le non-respect des décisions judiciaires ayant, selon eux, réhabilité le président fédéral Freddy L’A Kombo.
« Depuis plusieurs mois, la FEKACO est confrontée à une crise artificiellement entretenue, caractérisée par la violation délibérée des statuts et règlements, la tenue d’assemblées illégales (…) et le mépris des décisions judiciaires définitives ayant réhabilité le président fédéral légitime », précise le mémorandum.
Les signataires, venus de 11 provinces du pays, estiment que cette situation entretient un bicéphalisme à la tête de la fédération et porte atteinte à l’image du karaté congolais. Ils dénoncent également la poursuite d’actions qu’ils jugent contraires à la loi.
« Nous dénonçons avec la plus grande fermeté la poursuite d’actions illégales et provocatrices malgré les décisions de la justice. Nous considérons ces actes comme une atteinte grave à l’État de droit, à l’éthique sportive et à l’unité du karaté congolais », peut-on lire dans le document.
Dans leurs recommandations, les 11 présidents de ligues provinciales appellent le gouvernement, notamment les ministres des Sports et de la Justice, à garantir le respect des décisions judiciaires et à éviter toute ingérence. Ils sollicitent également l’implication des instances internationales de karaté afin qu’elles se conforment aux textes et reconnaissent uniquement les instances jugées légales.
À noter que les onze présidents signataires proviennent des ligues du Haut-Katanga, de l’Ituri, du Haut-Lomami, du Kongo Central, du Sud-Kivu, du Kasaï Central, du Bas-Uele, du Sud-Ubangi, du Tanganyika, du Nord-Kivu et du Maniema.
Bob Bondo